Conflit israélo-palestinien : au cœur de Saint-Jean-d'Acre, ville mixte en proie aux violences

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Les violences dans les villes mixtes où cohabitent Juifs et Arabes israéliens inquiètent depuis le début de l'escalade militaire en Israël et dans les territoires occupés. Reportage à Saint-Jean-d'Acre, localité du nord d'Israël où les habitants subissent ces heurts.

Aux abords de la mosquée de Saint-Jean d'Acre, dans le nord d'Israël, les feux d'artifices ne sont pas tirés pour célébrer mais pour affronter. Ils sont dirigés vers la police par de jeunes Arabes israéliens, barricadés à la suite d'une rumeur qui annonçait une attaque de l'édifice par des Juifs extrémistes.

Tentant de contenir le groupe, la police ne laisse pas les habitants rejoindre la zone. "C'est vrai qu'on est solidaire d'Al-Aqsa, on aime Al-Aqsa, on aime Jérusalem, mais ce n'est pas une raison pour faire les choses comme ça", réagit un habitant. "La ville est fermée, les femmes et les enfants sont coincés, c'est bien du travail de gamin ! Ça ne sert a rien cette violence."

D'ordinaire animée, la ville est désormais presque vide. Hussein Assadi, un employé de mairie ne se souvient pas de telles tensions. "Les choses sont devenues incontrôlables, ça prend une ampleur qui nous dépasse, c'est la première fois que je vois quelque chose pareil ici", dit-il au micro de France 24.

Au téléphone, son frère dit être bloqué dans un supermarché ou des Juifs extrémistes menacent les clients. "Rentre dans le supermarché, cache-toi dedans", lui intime Hussein. "Ne sors pas, même si tu dois dormir sur place !"

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"C'est le vivre-ensemble qui est ciblé"

À la mosquée, les affrontements se poursuivent toute la nuit. Le matin, la cité méditerranéenne retrouve son visage. Des extincteurs ont fini à l'eau pendant la nuit. Habitants juifs et arabes s'arrêtent devant l'un des symboles de la ville, saccagé.

Aux premières heures des émeutes, de jeunes Arabes israéliens ont complètement brulé ce restaurant, Uri Buri, connu dans tout le pays. Juifs et Arabes y travaillent ensemble et l'établissement se veut être un modèle de coexistence. Pour Uri Yirmias, l'emblématique propriétaire juif, c'est le vivre-ensemble qui est ciblé. "Aucune des personnes ici n'aurait pu penser qu'une telle chose puisse être possible", déplore-t-il. "Ce qui se passe, c'est que les leaders de la population arabe d'Acre ont échoué à comprendre qu'il y a des gens qui sont pas heureux de la coexistence qui prévaut ici. Ils ont attaqué mon restaurant et mon hôtel en premier car je suis une sorte de symbole de cela."

Uri compte deux mois avant de rouvrir, mais il en faudra beaucoup plus pour réparer cette coexistence abimée en quelques heures.

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