Conflit Arménie-Azerbaïdjan : le Premier ministre arménien Nikol Pachinian à la recherche du parrain russe

© Romain GAILLARD-POOL/SIPA

L’avenir politique de Nikol Pachinian est en jeu. Un mois et demi après des affrontements à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui ont fait 286 morts, il est vital pour le Premier ministre arménien que la Russie fasse cesser les tentatives d’incursions des Azerbaïdjanais. Totalement dépendant de Moscou, à qui il paie dorénavant son gaz en roubles, Pachinian est plus que fragilisé. L’accord de cessez-le-feu entre Erevan et Bakou le 10 novembre 2020, après la guerre de six semaines au Haut-Karabakh (6 500 morts), avait déjà été vécu comme une humiliation nationale en Arménie. Conclu sous l’égide de la Russie, il consacrait en effet la récupération par Bakou de plusieurs territoires du Haut-Karabakh.

Toute la vie politique à Erevan est suspendue au conflit avec Bakou.

Pachinian avait alors été qualifié de « traître » par des manifestants d’un camp revanchard qui avaient réclamé sa démission. Là, il n’est plus seulement question de cette région montagneuse, peuplée d’Arméniens et encla­vée en Azerbaïdjan. C’est de la frontière même du pays qu’il s’agit. Début octobre, le chef de l’État arménien et le président azerbaïdjanais se sont rencontrés à Prague, avec Emmanuel Macron et le président du Conseil européen, pour commencer la rédaction d’un traité de paix.

Toute la vie politique à Erevan est suspendue au conflit avec Bakou. Seul un accord jugé favorable par la population permettra à Pachinian de sauver son poste.


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