A Conflans-Sainte-Honorine, des milliers de personnes rendent hommage à Samuel Paty

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Plusieurs milliers de personnes sont venues ce mardi 20 octobre au soir participer à une marche blanche à Conflans-Sainte-Honorine pour rendre hommage au professeur d’histoire-géographie, assassiné vendredi dans cette ville où il enseignait.

La foule s'est massée vers 18h30 devant le collège Le Bois-d'Aulne, où le professeur de 47 ans enseignait. Six mille personnes, selon des estimations de gendarmes sur place.

Le rassemblement débute par 10 longues minutes de silence en mémoire de Samuel Paty, décapité par un réfugié d'origine russe tchétchène de 18 ans pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression. Des salves d'applaudissements retentissent lorsque la marche, guidée par des élus locaux, s'ébranle dans le calme en direction de la place de la Liberté, dans cette petite commune des Yvelines réputée tranquille.

Ils tiennent des bougies, des roses blanches, les mines sont graves, rapporte Christine Siebert, notre envoyée spéciale. Mailis, 11 ans, est venue à cette marche blanche avec son père. Elle dit sa stupeur et elle pense à ses professeurs à elle qui auraient pu être la cible du terroriste. « La France est un État laïc et on peut parler de toutes les religions sans avoir la peur de la mort, explique la jeune fille. Il faut continuer à défendre la liberté d'expression »

Son père hoche la tête, la liberté de s'exprimer lui tient particulièrement à cœur. « Il ne faut pas lâcher la liberté d'expression, elle est très importante pour nous. Moi, je suis d'origine africaine et si je suis en France aujourd'hui c'est aussi pour ça. Il faut vraiment que l'on soutienne aussi les profs ».

Il faut protéger les professeurs, affirme aussi cette enseignante d'un collège voisin. « C'est absolument inacceptable qu'en France au XXIe siècle, un enseignant ne puisse pas enseigner la la liberté d'expression et l'actualité à ses élèves et qu'il doive faire attention à ce qu'il dit », déplore-t-elle.

« Mort pour avoir enseigné l'histoire », est écrit sur des masques et pancartes en hommage à Samuel Paty. Mardi soir, ces citoyens se sont rassemblés à côté du collège de cet enseignant pour qu'une telle horreur n'arrive plus jamais.