Confinez-vous dans un village islandais

Par Sophie Pujas
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Besoin d'un peu d'air ? Choisissez-le bien vif, nocturne, et doué d'une poésie magnétique ? en un mot, islandais. Dans Lumière d'été, puis vient la nuit, Jon Kalman Stefansson, l'une des plumes les plus puissantes de l'île, invente un petit village. Un village ordinaire, si ce n'est qu'il ne compte ni église ni cimetière. Et pourtant, on y cherche comme ailleurs des raisons d'espérer, et on y meurt, pas toujours avec douceur.

La voix puissante du narrateur nous happe, pour explorer ce microcosme et ses histoires qui se déploient. On suit une poignée de personnages. L'un lâche tout pour s'abandonner à une passion dévorante pour les livres d'astronomie. Un autre brûle en se remémorant tel moment du passé, car « les souvenirs ne sont pas comme les vêtements qui s'usent quand on les porte trop longtemps ». Leurs histoires sont vives, parfois terribles, parfois banales, et toujours terriblement humaines. La nuit est là, longue et parfois difficile, oui, c'est de rigueur sous ce ciel du Nord. Mais ne l'oublions pas : « Les ténèbres sont parfois bienveillantes, elles nous apportent la lune et les étoiles du ciel, la lumière de la maison des voisins, le programme télé, le sexe, une bouteille de whisky, gardons-nous de trop dénigrer. »

À travers ces personnages observés avec tendresse et compassion, l'auteur de Entre terre et ciel et d'Asta prouve une nouvelle fois son amour des histoires. Chaque homme porte en lui la matière d'une légende si on le regarde avec un ?i [...] Lire la suite