Les confinements le week-end à Nice et Dunkerque sont-ils efficaces ?

Maxime Poul
·3 min de lecture
À Nice, le confinement mis en place à la fin du mois de février semble avoir un effet sur l'incidence mais pas sur les hospitalisations.

Mis en place à la fin du mois de février à Dunkerque, Nice et dans le littoral des Alpes-Maritimes, le confinement le week-end porte-t-il ses fruits ? Après trois week-ends de confinement, voici ce que disent les chiffres.

De nouvelles mesures supplémentaires pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 vont être annoncées pour l'Île-de-France et les Hauts-de-France jeudi 18 mars par le gouvernement. Jean Castex a assuré ce mardi que "le moment [était] venu pour envisager de nouvelles dispositions " en réaction au taux d'incidence en forte hausse notamment en région parisienne.

"On est dans une situation préoccupante et critique et, très clairement, des mesures du type de celles auxquelles on a eu recours dans les autres parties du territoire sont sur la table ce soir ", a ajouté le Premier ministre mardi soir sur les antennes de BFM TV, en faisant référence aux confinements mis en place le week-end dans les Alpes-Maritimes, à Dunkerque ainsi que dans le Pas-de-Calais.

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Le taux d'incidence en baisse

Ces confinements le week-end instaurés dans ces zones de l'Hexagone semblent avoir eu une incidence sur les chiffres, qui sont toutefois à prendre avec des pincettes. Dans les Alpes-Maritimes, au moment de l'annonce du confinement, le taux d'incidence était de 642 cas pour 100 000 habitants et il est maintenant de 457 cas pour 100 000 habitants. Il est cependant important de noter que l'incidence était déjà légèrement en baisse avant le premier week-end de confinement et il est donc difficile d'affirmer que cette mesure est la raison de cette baisse. D'autant plus que les premiers confinements du week-end ont été mis en place en période de vacances scolaires, comme le rappelle l'épidémiologiste Pascal Crépey interrogé par LCI. "Les écoles sont fermées et beaucoup de parents ne vont pas travailler, ce qui fait que les contaminations en milieu scolaire et en milieu professionnel sont fortement réduites".

À Dunkerque, le taux d'incidence est également en baisse trois week-ends après la mise en place de ce confinement tandis que dans le Pas-de-Calais, la tendance est à la stagnation. Il faut cependant rappeler que le confinement le week-end n'est arrivé que le 6 mars dans le département et qu'il est donc sans doute encore trop tôt pour tirer des conclusions.

La tension hospitalière en hausse

Selon Pascal Crépey, c'est la dynamique des tensions hospitalières qu'il faut observer pour mieux analyser l'effet de ces mesures. Quand on se penche sur ces chiffres, la tension hospitalière est passée de 120% à 142% dans les Alpes-Maritimes. Il en est de même à Dunkerque, où la situation ne s'améliore pas dans les hôpitaux avec de plus en plus de transferts de patients vers la Normandie ou la Belgique et de déprogrammations d'opérations. Les confinements le week-end semblent donc tarder à montrer leur efficacité. C'est pourquoi, certains épidémiologistes ont affirmé à LCI que les confinements le week-end devront se prolonger d'au moins un mois pour réduire la tension hospitalière.

Jean Castex et Olivier Véran tiendront une conférence de presse ce jeudi 18 mars à 18 heures pour annoncer des "mesures supplémentaires" en Île-de-France et dans les Hauts-de-France dès ce week-end. Si le scénario d'un confinement le week-end dans ces deux régions semble privilégié, un confinement 7 jours sur 7 n'est pour l'instant pas à exclure.

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