Avec les confinements, le nombre d'enfants en surpoids a augmenté

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La cantine est un facteur clé pour lutter contre le surpoids et l'obésité chez les enfants. (Photo: Drazen_ via Getty Images)
La cantine est un facteur clé pour lutter contre le surpoids et l'obésité chez les enfants. (Photo: Drazen_ via Getty Images)

La cantine est un facteur clé pour lutter contre le surpoids et l'obésité chez les enfants. (Photo: Drazen_ via Getty Images)

SANTÉ - “À la suite des mesures de confinement, il existe un accroissement significatif du nombre d’enfants en surpoids et obèses par rapport à l’année précédant la crise sanitaire.” C’est le principal enseignement de l’étude publiée ce mardi 26 avril dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France.

L’étude avait pour but d’estimer l’impact de la crise sanitaire sur l’évolution staturo-pondérale des enfants, à partir des données des bilans de santé en école maternelle (BSEM) du Val-de-Marne. Ces bilans ont ainsi été réalisés lors des années scolaires 2018-2019, 2019-2020 et 2020-2021.

“Le département du Val de Marne présente des caractéristiques sociodémographiques que l’on ne retrouvera pas forcément ailleurs ou dans les mêmes proportions. Néanmoins, le fait que notre étude s’intéresse à une population quasiment exhaustive d’enfants du même âge permet d’alerter sur cette question et d’appeler à la vigilance quant au statut staturo-pondéral des enfants”, précise Marie-Laure Baranne, cheffe du service Etudes, recherches, certificats de santé de la Protection maternelle et infantile du Val-de-Marne et autrice de l’étude, jointe par Le HuffPost.

Résultat: parmi les 48.119 enfants suivis et âgés en moyenne de 4 ans et demi, la proportion des enfants en surpoids était plus importante en 2020-2021 qu’en 2019-2020 ou qu’en 2018-2019.

15,8% des enfants en surpoids ou en obésité

L’étude montre en effet qu’entre 2018-2019 et 2020-2021, le pourcentage d’enfants en surpoids a augmenté de 2.6% quand celui des enfants obèses a crû de 1.8%. Ainsi, si en 2018-2019, 88.6% des enfants avaient une corpulence normale, ils n’étaient plus que 84.2% en 2020-2021.

Les mesures prises pendant la pandémie “ont accru la sédentarité et dégradé les modes d’alimentation avec un impact significatif chez les enfants”, estime l’étude. Elle souligne notamment que malgré la possibilité de sortie d’une heure quotidienne, “la peur ambiante a souvent conduit les parents à ne pas faire bénéficier de ce temps à leurs enfants”.

L’état d’urgence sanitaire a ainsi rendu difficile la lutte contre la sédentarité. Au total, 11.2% des enfants étaient en situation de surpoids et 4.6% en obésité lors de l’année scolaire 2020-2021.

Les filles davantage concernées

Parmi les enfants touchés, sont davantage concernés ceux scolarisés en réseau d’éducation prioritaire ou prioritaire renforcée. “Ces réseaux tiennent compte des contextes sociaux des populations. Or, l’association entre surpoids, obésité et contexte socio-économique défavorable a été montrée”, note l’étude. “La pandémie et les mesures prises pour la contenir en France ont accru les inégalités socio-économiques et de fait, par ricochet, semble avoir atteint la santé des enfants”, ajoute-t-elle.

Plus étonnant, l’étude montre que les filles sont plus à risque de présenter du surpoids ou de l’obésité que les garçons. Les auteurs se disent “surpris en raison de l’âge des enfants étudiés”.

Les cantines, réductrices des risques

L’inscription de l’enfant à une cantine scolaire peut néanmoins réduire les risques de surpoids ou d’obésité. “Une hypothèse est que les habitudes délétères prises pendant les périodes de confinement ont été résorbées lorsque des repas pris en collectivité ont repris. Les enfants ont pu accéder de nouveau à des repas équilibrés et à l’activité physique durant la pause méridienne [...]. Le nombre de prises de nourriture entre les repas a probablement aussi diminué”, détaille l’étude.

Si celle-ci met en évidence l’impact des confinements sur le poids des enfants, une limite est soulignée: l’impossibilité de savoir si la faute est plus à une alimentation dégradée ou à une réduction des activités physiques.

Elle vient compléter, en tout cas, d’autres études. En mai 2020, un sondage Ifop avait révélé que les Français avaient pris en moyenne 2,5 kg durant le premier confinement. C’était ensuite une étude du CHU de Clermont-Ferrand, publiée en juin 2021, qui avait montré l’augmentation de 2 à 3 points en moyenne de l’indice de masse corporelle des enfants suite aux confinements. Reste à savoir à présent si un retour à la normale sera constaté chez les enfants dans les bilans de l’année scolaire 2021-2022.

À voir également sur Le HuffPost: “La guerre en Ukraine et ses terribles conséquences sur la santé des enfants”

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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