Pour visiter son mari atteint d'Alzheimer pendant le confinement, elle accepte de travailler à la plonge

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Par amour, elle est devenue une pro de la vaisselle
Par amour, elle est devenue une pro de la vaisselle

Séparée depuis une centaine de jours de son mari atteint d’Alzheimer, alors qu’elle avait l’habitude de le visiter quotidiennement dans sa structure d’hébergement, une Américaine âgée de 57 ans s’est fait engager comme plongeuse au sein de l’établissement.

Une belle histoire qui montre que l’amour reste le plus puissant des moteurs. À 57 ans, l’Américaine Mary Daniel s’est fait embaucher comme plongeuse dans une structure d’accueil pour personnes dépendantes en Floride (Etats-Unis), dans le seul but de revoir son mari atteint de la maladie d’Alzheimer, dont elle avait été séparée depuis la mise en place de mesures de confinement dans l’Etat.

114 jours de séparation

Avant la pandémie de Covid-19, Mary Daniel avait ainsi l’habitude de visiter chaque jour son conjoint, âgé de 66 ans, et de passer quelques moments avec lui à regarder la télévision avant l’heure du coucher. “C'était notre routine et tout d'un coup, je suis partie, a-t-elle expliqué à CNN. Et il ne sait pas pourquoi. Il ne peut pas comprendre pourquoi.”

Au cours du mois de mars, l’interdiction des visites a cependant été décidée en vertu des mesures de quarantaine et les deux époux ont été séparés pendant 114 jours, jusqu’à ce qu’une opportunité d’un genre un peu particulier se présente. Mary Daniel a en effet été contactée par l’établissement, qui lui a proposé un travail à temps partiel en cuisine, à la plonge.

“Je vais être la meilleure plongeuse que vous ayez jamais eu”

“Je leur ai dit : ‘Je vais être la meilleure plongeuse que vous ayez jamais eu, parce que je veux être ici, parce que j'ai besoin d'être avec lui”, raconte la quinquagénaire, qui ajoute que ce job est “100% légal” et qu’elle a respecté la procédure de recrutement habituelle, qui comportait notamment plusieurs tests médicaux.

Malgré sa maladie et malgré le masque de protection porté en permanence par sa compagne, Steve, le mari de Mary, n’a pas tardé à la reconnaître. “Je suis entrée dans sa chambre et il m’a appelée par mon prénom, ce qui a été un soulagement, relate l’épouse. Alors, quand il a dit ‘Mary’ et qu’il m'a fait un énorme câlin, nous avons tous les deux fondu en larmes.”

“Des solutions créatives étaient nécessaires”

Du côté de la direction du Rosecastle at Deerwood, l’établissement où est hébergé Steve, on se félicite de ces retrouvailles réussies. “Des restrictions sur les visite ont été mises en place dans tout notre État par mesure de sécurité, dans le but de protéger la population vulnérable dont nous nous occupons, mais cela a été difficile pour les familles et les résidents”, explique Kelley Withrow, directrice exécutive de la structure en question.

“C'est pourquoi nous avons estimé que des solutions créatives étaient nécessaires, en particulier dans le cas de Mary et Steve, poursuit-elle. Nous sommes heureux d'annoncer que Mary a pris un excellent départ dans son nouveau rôle et nous sommes également ravis de constater les changements positifs dans le comportement de Steve.”