"Confinement saison 2" : la chronique d'Anne Roumanoff

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Comme un mauvais film qui recommence. "Moi, un pote m'a fait une attestation, je peux circuler comme je veux partout dans Paris." Puis, tout de suite après : "Quand même, tu ne trouves pas qu'il y a trop de monde dans les rues?" Des images drôles circulent sur WhatsApp mais on n'a même plus envie de sourire.

L'autre est devenu un danger potentiel. Il peut être porteur d'un virus ou d'un couteau. Regard de défiance à la vitrine du rayon yaourts du Monoprix. Nervosité dans l'air. Une petite fille sur une trottinette me bloque le passage devant le rayon papeterie. J'attends qu'elle s'éloigne. J'ai peur d'une petite fille de 6 ans, maintenant. A la caisse, une vieille dame écarte mes courses sur le tapis roulant d'un geste un peu dédaigneux. Je me surprends à la détester et j'ai honte de cette pensée. Les gens marchent vite en baissant la tête pour rentrer chez eux. L'insouciance a disparu.

Ma fille de 18 ans a mal à la tête. Vitamine C, Doliprane. "Maman, j'ai presque plus de goût." Je suis donc "cas contact". Je garde le masque à la maison, je m'asperge les mains toutes les trois minutes au gel, j'aère tellement qu'il fait 4 degrés dans le salon. "Maman, arrête, on va tous choper la crève."

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Tout le monde souffre en ce moment : les soignants épuisés, les restaurateurs désespérés, les gamins de 20 ans déboussolés, les personnes âgées esseulées...

 

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En plus, cette nuit j'ai rêvé de Roselyne Bachelot. On se disputait puis on se réconciliait. Roselyne aime la culture, elle n'y peut...


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