Quand le confinement révèle et exacerbe les inégalités

*

Cet article est à retrouver dans le magazine n°1202 en kiosques cette semaine "Vivre !", disponible en ligne pour seulement 1,99 euros (afin de mieux survivre à votre confinement)

De quoi le confinement, auquel les Français sont astreints, est-il cruellement révélateur, hélas ? De l'intensité, de la radicalité des inégalités. Sociales, culturelles et personnelles. Être confiné dans 25 m² ou dans 150 m². A quatre dans un « espace » ou à cinq dans un « endroit ». Face à un mur ou face à un jardin : soudain, cela révèle autant de différences qu'entre un smicard et Rockefeller, qu'entre un précaire et Rothschild. Certains, en restant chez eux, sont partout. D'autres ne sont que chez eux. Ici, on se déplace, là, on tourne en rond. Rester chez soi pour les uns, c'est rester entre soi. Pour les autres, c'est rester sur soi. Collé à soi. Il y a des lieux qui font univers, il y en a qui font case.

Le pire du confinement, finalement, c'est quand l'horizon n'est plus dehors mais dedans. Quand la seule ligne de fuite est celle qui ne vous porte pas hors de vous, mais vous traverse. Ce face-à-face de soi avec soi - moment magique d'introspection possible, positivent certains - signifie quoi pour d'autres ? Que la misère se retrouve face à la misère, toutes les pauvretés face à toutes les pauvretés, et pas seulement matérielles. Le manque face au manque.


Lire la suite