Journée mondiale de l'hygiène menstruelle : "J'ai totalement changé ma façon de gérer mes règles"

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Si le confinement a eu bien des impacts sur nos vies, certains n'étaient pas tout à fait prévus. Plusieurs personnes ont notamment changé leur façon de voir leur cycle menstruel. Nouvelle source de stress, occasion de tester de nouveaux types de protections hygiéniques... À l'occasion de la journée mondiale de l'hygiène menstruelle, elles se confient.

Gérer ses règles au quotidien, ce n'est pas toujours chose facile. Entre l'achat de protections hygiéniques, le stress des odeurs ou des taches, l'inconfort et les douleurs générées par les menstruations, cette période du mois représente généralement un challenge. Le confinement lié à l'épidémie de coronavirus a toutefois entraîné un léger changement de dynamique. Lorsque l'on est cloîtrée chez soi, les règles sont-elles plus faciles à vivre ? Eh bien, cela dépend des cas.

"Pendant le confinement, j'ai testé le flux instinctif"

Nombreuses sont les personnes à avoir eu envie de tester de nouvelles protections hygiéniques pendant le confinement. Pour Charlotte, c'était d'ailleurs l'occasion ou jamais : "Je ne supporte pas la cup, et je n'en pouvais plus des tampons. Les culottes spécial règles me faisaient de l’œil, mais je n'osais pas tester en allant au bureau, j'avais peur des odeurs, des fuites... Le confinement a été l'occasion de voir si elles tenaient vraiment la journée, si c'était confortable !" Bluffée, la jeune femme de 22 ans est désormais convaincue : "Franchement, ça m'a changé la vie. J'en ai commandé un stock pour être tranquille sans avoir à faire la lessive tous les jours, et je compte bien dire adieu aux tampons." 

Eugénie, elle, a eu envie de tester une méthode un peu plus étonnante : le flux instinctif. Le principe ? Être à l'écoute de son corps et apprendre à contracter ses muscles, et notamment son périnée, de façon à bloquer le sang, et le relâcher au moment d'aller aux toilettes. La méthode a ses adeptes comme ses détracteurs, qui la jugent peu praticable. "Je pense que ça peut fonctionner quand je suis à la maison", explique la jeune femme, ravie d'avoir pu se passer de protections hygiéniques pendant deux mois. "Pour que ce soit efficace, il faut vraiment pouvoir avoir accès à des toilettes facilement... Et ne pas avoir trop peur des accidents." Pour elle, cette technique de "free flow" était surtout un moyen de se libérer l'esprit. "Plus besoin de penser à changer mon tampon ou à stériliser ma cup. J'étais tranquille", nous dit-elle.

"Avec le Covid-19, avoir mes règles, c'est encore plus de stress"

Si le confinement a eu un impact sur la façon dont certaines femmes gèrent leurs règles, pour Aurélia, 30 ans, c'est le lien entre menstruation et coronavirus qui n'a pas été facile à vivre. "Je vis très mal mes règles depuis le confinement, à cause des mises en garde contre certains médicaments", regrette-t-elle. Il est vrai que des anti-douleurs très utilisés pour lutter contre les crampes menstruelles, tels que l'ibuprofène et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ont été vivement déconseillés par le ministère de la Santé, qui affirmait qu'ils pouvaient "être un facteur d'aggravation de l'infection" en cas de contamination, y compris chez les porteurs sains. Des médicaments tels que le Ponstyl et l'Antadys, bien connus des personnes réglées, ont été déconseillés.

Résultat : des centaines de femmes ont dû subir des règles douloureuses, sans la possibilité d'avoir une aide médicamenteuse pour gérer les douleurs en question. La situation est particulièrement compliquée pour les victimes d'endométriose, comme Aurélia : "Depuis deux mois, j'ai tellement mal pendant mes règles qu'il m'arrive de faire des malaises." Mais à l'heure actuelle, tant que le virus n'est pas maîtrisé, elle ne peut pas faire autrement.

"Avec mon partenaire, on a brisé un tabou autour des règles"

Les discussions autour des règles sont de plus en plus faciles. Pourtant, en France, il reste une certaine pudeur autour de ce sujet, un tabou qui fait que certaines femmes n'osent pas en parler. C'est le cas de Maelys. En couple depuis deux ans avec son compagnon, elle a profité du confinement pour faire une petite mise au point. "Mon mec a toujours été un peu dégoûté par les règles, par manque d'éducation à ce sujet. Pour lui, c'était juste sale, il ne voulait pas en entendre parler, encore moins faire l'amour pendant cette période. Même l'idée d'acheter des protections hygiéniques à ma place le dérangeait. Manque de pot, quand je suis tombée malade, il n'a pas eu trop le choix, et ça m'a permis d'enclencher le dialogue."

Au fil de la discussion, la jeune femme de 24 ans a réalisé que ce tabou était lié à une méconnaissance du sujet par son compagnon. "Il n'avait jamais vraiment étudié le cycle menstruel et reproductif à l'école, vu qu'il était dans une classe essentiellement masculine. Du coup, forcément, il était resté sur l'idée que le sang, c'était sale, qu'il risquait de choper une MST... À 27 ans, j'étais choquée par son manque de culture sur le sujet, il ne s'était jamais vraiment renseigné ! Maintenant, ça va mieux, il commence même à envisager de me faire l'amour pendant mes règles. Mais je trouve ça fou que ce soit à moi, sa copine, de l'éduquer à ce sujet..." 

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