Confinement : "On fait le beurre d’Amazon qui va pouvoir être la seule enseigne à continuer à vendre", juge Olivier Faure (PS)

Les grandes surfaces n’auront plus le droit de vendre des produits jugés non essentiels à partir de mardi 3 novembre, afin de rétablir l’équité avec les petits commerces. "J’ai beaucoup de mal à comprendre ce qui se passe aujourd’hui, estime Olivier Faure. Voilà un gouvernement qui a eu six mois pour négocier à froid avec les enseignes, avec les différents secteurs de la distribution, du petit commerce, pour essayer de comprendre ce que nous aurions à faire dans l’hypothèse d’une deuxième vague qui n’est pas une surprise. Tout le monde savait qu’il y aurait une deuxième vague et pourtant on a le sentiment que, jour après jour, on improvise des solutions sans que jamais rien ne soit pensé. On a des petits commerces qui sont concurrencés par la grande distribution et donc on dit : ‘pas de concurrence’. […] Au bout du compte on fait le beurre d’Amazon qui va pouvoir être la seule enseigne à continuer à vendre en cette période de confinement", explique le premier secrétaire du Parti socialiste, invité des "4 Vérités", lundi 2 novembre. "Je souhaite qu’on puisse rouvrir" les librairies Olivier Faure "souhaite qu’on puisse rouvrir les librairies, qu’on puisse leur donner la possibilité de continuer à répondre à leur vocation qui est de transmettre le savoir, la connaissance, la culture". "Les Gafa sont en train de se gaver. Amazon a multiplié ces bénéfices par trois sur la période du confinement. Je propose qu’il y ait une taxe exceptionnelle sur les Gafa, qui permette d’aller abonder un fonds de solidarité en faveur de ceux qui sont obligés de fermer aujourd’hui", avance le député. Le premier secrétaire du PS soutient-il les maires qui ont pris des arrêtés pour autoriser l’ouverture des commerces, et ce en totale contradiction avec les mesures de confinement ? "Je ne les inciterais pas à le faire, mais je comprends le geste. Je comprends qu’ils veulent créer le débat et pousser le gouvernement à s’expliquer". Le déconfinement a été "un échec total. Là où on aurait dû utiliser ce moment pour penser la suite, on a procrastiné. Je ne sais pas si c’est personnel et lié à Jean Castex, c’est plutôt collectif", pense Olivier Faure.