Confinement : en Corse, la révolte des « non-essentiels »

De notre correspondant à Bastia, Julian Mattei
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Depuis le retour du confinement et l'annonce de la fermeture des commerces « non essentiels », les rues d'Ajaccio sonnent vide.
Depuis le retour du confinement et l'annonce de la fermeture des commerces « non essentiels », les rues d'Ajaccio sonnent vide.

« Ils disent qu'on n'est pas essentiels. C'est sans doute pour ça qu'ils nous laissent crever ! » Ariane Alberghi-Gandolfi est révoltée. Gérante de deux entreprises dans le secteur du prêt-à-porter et de l'hôtellerie-restauration dans la région de Bastia (Haute-Corse), cette commerçante est survoltée depuis qu'elle a dû fermer ses établissements sous la contrainte. « Nous avions accepté le premier confinement, mais là ça devient insoutenable, tonne la cheffe d'entreprise. La saison touristique a été catastrophique, on commençait à peine à retrouver une clientèle et maintenant, on nous dit de fermer en nous proposant une aide ridicule de 1 500 euros. De qui se moque-t-on ? »

À l'instar de bon nombre de commerçants, Ariane Alberghi-Gandolfi se dit tout simplement « étranglée » économiquement par les restrictions décrétées par le gouvernement afin de lutter contre l'épidémie de Covid-19. Après les grandes métropoles, en Corse la fronde des « non essentiels » s'organise pour réclamer une réouverture des commerces. Ajaccio, Bastia, Ghisonaccia, Porto-Vecchio, Calvi? depuis plusieurs jours, les manifestations se multiplient devant les préfectures ou les mairies de plusieurs villes de l'île.

À bout de nerfs, en voyant leur trésorerie dans le rouge, certains commerçants n'hésitent pas à braver l'interdiction d'ouvrir. C'est par exemple le cas de Xavière Gherardi. Cette quadragénaire, qui gère deux salons de coiffure avec six employés à Bastia et à l'Île-Rousse, assu [...] Lire la suite