Confinement et coronavirus : comment les couples vivent l'accouchement ?

Johanna Amselem
·3 min de lecture
Confinement et coronavirus : comment les couples vivent l'accouchement ?

Les mesures prises dans les maternités à cause de l’épidémie de coronavirus ont bouleversé les accouchements de nombreux couples.

Précautions supplémentaires, restrictions pour le papa, interdiction des visites de l’entourage : accoucher pendant le confinement demeure une situation inédite pour les mamans. L’institut spécialisé dans la périnatalité, Matern’Etudes, a collecté les témoignages de 30 femmes ayant accouché entre le 17 février et le 2 avril 2020 afin de réaliser une enquête qualitative sur le vécu de l’accouchement, du séjour à la maternité et du retour à domicile pendant le confinement. Environ la moitié des femmes qui ont répondu à cette enquête ont accouché entre la 38e et la 40e semaine d’aménorrhée dans un hôpital public.

Avant l’accouchement, les couples ont rapporté des difficultés à obtenir des informations sur le risque de contamination du nouveau-né au coronavirus. En cause ? De nombreuses rumeurs, une multiplicité des informations, des incertitudes scientifiques, etc. Dans les jours qui précèdent la naissance, les couples se sont également inquiétés de l’autorisation ou non de la présence du conjoint en salle de naissance. Préconisations officielles tardives, prises de position qui varient, des consignes qui varient en fonction des établissements, autant de facteurs qui ont angoissé les futurs parents.

Des projets de naissance bouleversés

Le jour de l’accouchement, cinq des femmes du panel n’ont pas pu être accompagnées en salle de naissance par leur conjoint. Toutes ont rapporté un sentiment pesant de solitude. Au sein de l’échantillon, les femmes dont le conjoint n’a pas pu assister à la naissance de leur enfant évaluent à 7/10 l’impact psychologique de cette absence sur le vécu de leur accouchement. Certaines femmes ont par exemple renoncé à leur projet de naissance d’accoucher sans péridurale par peur de ne pas y parvenir sans le soutien de leur conjoint.

Cette étude permet également d’en savoir plus sur le ressenti suite au séjour à la maternité sans visite. De nombreuses femmes ont la sensation des “premiers moments volés” ainsi qu’une tristesse de ne pas avoir pu présenter le nouveau-né au reste de la fratrie. Pour d’autres femmes, cet isolement a également des bénéfices. En effet, cette situation a été perçue comme une opportunité de tisser un lien privilégié avec son bébé.

Bientôt de nouvelles règles ?

Mardi 28 avril, l'organisme des gynécologues-obstétriciens français a recommandé d'assouplir les règles pour les femmes qui accouchent pendant le confinement et qui ne peuvent être accompagnées que pendant deux heures. “Si cette décision semblait acceptable au moment le plus aigu de la crise sanitaire, il apparaît aujourd'hui difficile, alors que se prépare le déconfinement et que la situation s'est stabilisée avec une circulation moindre du virus, de garder la même doctrine", explique le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) dans un communiqué.

Ainsi, les spécialistes plaident pour la présence du couple à tous les examens indispensables de la grossesse ainsi que lors du séjour à la maternité. Pour limiter le risque de propagation du virus, les gynécologues recommandent donc que l’accompagnant puisse rester mais en ne pouvant sortir qu’une fois par jour s’il ne peut pas dormir sur place.