Confinement: des coiffeurs dénoncent un "deux poids, deux mesures" avec ceux qui peuvent travailler à domicile

Hugo Septier
·2 min de lecture
Certains coiffeurs ont augmenté leurs prix (Photo d'illustration) - RMC
Certains coiffeurs ont augmenté leurs prix (Photo d'illustration) - RMC

Alors que le reconfinement a entamé son troisième jour, de nombreuses professions restent dans le flou. C’est le cas des coiffeurs qui, à l’image de ce qui s’est passé au printemps passé, sont forcés à baisser leur rideau au moins jusqu’à début décembre car catégorisés comme établissements "non-essentiels" au public.

Un état de fait qui ne satisfait pas l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec qui, dans un communiqué signé de leur président Christophe Doré à date du 31 octobre, exige à Emmanuel Macron une clarification de leur situation. En guise de préambule, ce dernier souligne que vendredi sur notre antenne, la porte-parole du ministère de l’Intérieur, Camille Chaize, a confirmé que les services de coiffure à domicile restaient quant à eux autorisés.

"Les services à domicile demeurent autorisés mais que leur recours doit être reporté autant que possible. Ils doivent être réalisés en respectant les gestes barrière", avait-elle justifié.

"Équité de traitement"

Un déséquilibre de traitement qui ne satisfait pas l'Unec. Dans ce même communiqué, Christophe Doré estime que deux articles du décret n°2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de Covid-19 restent contradictoires: l'article 1, qui exige l'utilisation des gestes barrière, et le 27, qui interdit les activités professionnelles où ces mêmes gestes barrière ne peuvent être assurés.

Alors, dans sa volonté "d'équité de traitement entre les activités en salon et à domicile", le président de l'Unep demande à Emmanuel Macron et à son gouvernement d'éviter le "deux poids, deux mesures".

"Si l’objectif est de limiter le croisement des personnes, dans notre cas de figure il va de soi que pour un coiffeur recevoir 10 clients dans une journée dans un salon revient au même que se rendre dans 10 domiciles privés, mathématiquement", écrit-il, dénonçant une concurrence déloyale entre les deux formes d’exercice.

"Texte officiel clair"

Parmi les arguments utilisés dans cette lettre ouverte à destination du président de la République, l'idée que les coiffeurs ont "mis en place un protocole sanitaire parmi les plus avancés et qui a été parfaitement appliqué."

"Nous n’avons d’ailleurs connaissance d’aucun cas de Covid survenu suite à l’exercice de la profession", ajoute-t-il.

De plus, les coiffeurs accusent également le gouvernement d’encourager "le développement des centres commerciaux au détriment de l’économie de proximité en autorisant la vente de produits qui ne sont pas de première nécessité."

"Cela est déplorable et risque d’aboutir à la mort de l’économie de proximité", conclut le communiqué, qui appelle à trancher au plus vite "par un texte officiel clair, précisant si la coiffure quelle que soit la manière de l’exercer, est autorisée ou non pendant ce deuxième confinement".

Article original publié sur BFMTV.com