Confinement au Royaume-Uni: les paniers repas envoyés aux familles défavorisées suscitent l'indignation

Jeanne Bulant
·3 min de lecture
Des photos des courses possibles avec les bons d'achats de 30£ à gauche, et avec les paniers repas préparés d'une valeur de 30£ à droite. - Capture d'écran Twitter -
Des photos des courses possibles avec les bons d'achats de 30£ à gauche, et avec les paniers repas préparés d'une valeur de 30£ à droite. - Capture d'écran Twitter -

Trois pommes, deux maigres carottes, une boîte de conserve, un miche de pain ou encore deux pommes de terre... Au Royaume-Uni, la pauvreté des paniers repas gratuits (les free school meals) que recoivent des familles défavorisées pour nourrir leurs enfants scolarisés en cette période de confinement suscite colère et indignation.

"Honnêtement, je pourrais faire mieux avec 30£". Ce lundi, une mère de famille (baptisée "Roadside Mum" sur le réseau social) a fait part de son exaspération sur Twitter, en partageant une photo de la maigre portion de nourriture reçue pour nourrir son enfant pendant 10 jours. Une publication partagée et commentée plus de 10.200 fois sur Twitter, et "aimée"plus de 42.300 fois mardi après-midi.

Bons d'achat ou paniers de nourriture préparés

Cette publication a déclenché une vague d'indignation telle qu'elle a poussé d'autres familles britanniques à partager le contenu des colis reçus. Au Royaume-Uni, où le confinement est de nouveau en place jusqu'en mars en raison du Covid-19, des paniers repas sont envoyés au domicile des enfants défavorisés qui auraient initialement droit à des repas scolaires gratuits.

Les familles ont le choix entre recevoir un bon d'achat de nourriture d'une valeur de 30£ ou recevoir des colis de nourriture préparés par l'association Chartwells (sous contrat avec le gouvernement britannique), d'une valeur censée être équivalente à 30£.

Un internaute a ainsi partagé deux photos comparatives, entre la quantité de nourriture qu'il est possible d'acheter grâce aux bons d'achat (à gauche de l'image) et ce qui est envoyé à ceux faisant le choix du panier pré-préparé, pour une valeur censée être équivalente.

"Quelque chose ne va pas", s'est aussi indigné sur Twitter le footballeur Marcus Rashford, l'attaquant de Manchester United, particulièrement engagé sur les question de malnutrition infantile. L'été dernier, il avait fait pression sur le gouvernement afin de prolonger la distribution de ces repas gratuits, après le premier confinement puis au moins jusqu'à Noël 2021.

"Trois jours de nourriture pour une famille... c'est insuffisant", écrit Marcus Rashford sur le réseau, accompagné d'une photo montrant quatre pommes, deux gâteaux, une compote, une boîte de conserve, deux petites barquettes de jus d'orange et quelques petits sachets de nourriture. "Les enfants méritent mieux que ça", a-t-il ajouté dans un autre tweet, exaspéré.

"Imaginez-vous que nous attendons des enfants qu'ils soient prêts à apprendre de chez eux. Et je ne parle même pas des parents qui, parfois, doivent leur faire cours et qui n'ont probablement pas mangé du tout pour que leurs enfants puissent le faire. Nous DEVONS faire mieux. Nous sommes en 2021", a encore dénoncé le footballeur.

Le gouvernement va enquêter sur l'affaire

Ces images sont "une honte" et "totalement inappropriées", a aussi déclaré Keir Starmer, leader du parti travailliste britannique sur le réseau social, avant de se demander "où va l'argent?".

Après toutes ces réactions outrées, le joueur de Manchester United a finalement fait savoir qu'une réunion était prévue ce mardi à ce sujet entre le ministère de l'Éducation et l'association Chartwells UK. "Nous nous penchons sur la question", a réagi le ministère sur Twitter. "Nous avons des directives et des normes claires concernant les colis alimentaires, et nous attendons qu'elles soient repectées."

La ministre britannique chargée de l'Enfance, Vicky Ford, a fait savoir ce mardi au Guardian qu'elle allait enquêter sur la question "en urgence". Un porte-parole de l'association Chartwells a déclaré à la chaîne britannique Sky News qu'elle prenait "très au sérieux sa responsabilité de fournir des aliments de qualité aux enfants", défendant qu'elle avait "travaillé très dur pour pouvoir produire des paniers repas en un délai extrêmement court, en ces temps difficiles".

"Dans la majorité des cas, nous avons reçu des commentaires positifs", ajoutent-ils, qualifiant les cas mentionnés sur Twitter de simples "problèmes opérationnels". "Cela ne correspod pas à nos critères. Des enquêtes vont être ouvertes en lien avec les écoles concernées".

Article original publié sur BFMTV.com