Confinement au Liban: la colère des habitants de Tripoli ne faiblit pas

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Au Liban, des manifestations depuis quatre jours ont fait au moins un mort et 300 blessés à Tripoli, la ville la plus pauvre du Liban. Déjà miné par une grave crise économique, le Liban a décrété un confinement strict depuis le 14 janvier à cause du coronavirus et cela a provoqué la colère de la population. RFI a pu contacter des habitants de Tripoli.

Hani Hamzeh habite tout près du siège du gouvernorat de Tripoli. Il entend depuis plusieurs jours des tirs, des jets de cocktails molotov ou de gaz lacrymogènes. Selon lui, les manifestants qui se heurtent aux forces de l'ordre sont surtout des travailleurs journaliers qui n'ont plus de revenus.

Des amendes en plus

« Ce sont des travailleurs journaliers, ils n'ont pas de travail fixe, et avec le confinement total ils ne pouvaient plus sortir travailler et n'arrivaient plus à subvenir à leurs besoins, explique Hani Hamzeh. Les forces de sécurité essayaient d'imposer ce confinement. Donc en plus de leur pauvreté, ces gens recevaient des amendes des forces de sécurité. »

La pauvreté endémique à Tripoli est une des raisons de la colère comme lors des mouvements de contestation de 2019. Mais selon Elias Khlat, un militant de la société civile, les manifestations sont aussi instrumentalisées par les partis politiques : « Ce sont des messages politiques qui passent entre les fausses politiques locales libanaises dans le but de gagner quelque part sur la scène politique; comme si le pays était dans un état normal. Gagner un ministre de plus ou un ministre de moins, voilà, c'est ça. »

Six mois d'attente

Depuis presque 6 mois, le Liban attend la formation d'un nouveau gouvernement, les partis politiques au pouvoir n'arrivent toujours pas à s'entendre.

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