Le confinement actuel ? La résultante de notre confinement intellectuel

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Dans une longue interview accordée à Alexandre Devecchio dans le Figaro, Marcel Gauchet, à qui on ne la fait pas, pose la mère de toutes les questions rhétoriques : "Sommes-nous réellement parmi les meilleurs au monde ?". Et de répondre immédiatement : "Nous l’avons été, mais nous ne le sommes probablement plus."

L’adverbe « probablement », merveilleux cataplasme sur une jambe de bois, en soulignant et en ridiculisant l’euphémisme, a l’avantage de transformer en vacherie ce qui était à l’origine un constat objectif. Bien sûr que nous ne sommes pas la Corée, qui en testant la totalité de se population et en lui fournissant des masques, a circonscrit l’épidémie de façon spectaculaire — pendant que, faute de pouvoir les fournir, nous dévalorisons l’intérêt des masques et des tests.

Déclin

Mais le propos de Marcel Gauchet rebondit immédiatement, parce que le système de santé n’est pas le seul marqueur de notre descente dans les classements. Il construit un parallèle significatif entre la Santé (de brillants chercheurs, quelques unités de pointe) et l’Enseignement : « Il conserve des formations de premier plan qui continuent de sortir des chercheurs et des ingénieurs que l’on s’arrache dans le monde entier. Mais cette réussite maintenue au sommet dissimule le délabrement général. »

Et en tête des systèmes scolaires performants, on retrouve la Corée, et les différents « tigres » du Sud-Est asiatique qui tous ont contourné l’épidémie de coronavirus avec compétence et dextérité. Singapour, la Corée, Taïwan, Hong-Kong — et la Chine globalement, qui a sans doute trafiqué les chiffres, mais qui semble bien avoir vaincu l’épidémie sur son sol. Des pays qui caracolent en tête des classements pédagogiques mondiaux.

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