Confiné à l'opéra pendant l'attaque terroriste de Vienne, le ténor Roberto Alagna revient sur cette soirée d'"horreur"

Jérôme Lachasse
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Roberto Alagna à Orange, en France, en juillet 2015 - Boris Horvat - AFP
Roberto Alagna à Orange, en France, en juillet 2015 - Boris Horvat - AFP

Roberto Alagna donne des nouvelles rassurantes après avoir passé une partie de la nuit confiné avec son épouse dans l'opéra de Vienne, alors que se déroulait dans les rues de la capitale autrichienne une attaque terroriste qui a fait 4 morts et 22 blessés.

Le ténor, qui va bien malgré une courte nuit, dit dans les colonnes du Parisien avoir "eu la chance de rentrer à [son] appartement en voiture avec un responsable du théâtre, qui avait réussi à avoir une dérogation pour passer les barrages policiers". Roberto Alagna, qui assurait la dernière de Paillasse avant le confinement, a été prévenu pendant la pièce, mais il a préféré attendre la fin pour prévenir ses coéquipiers:

"Sur mon smartphone, que je consultais entre deux scènes, j'ai reçu un SMS d'un cousin qui me mettait en garde contre une fusillade dans Vienne. Il y avait des photos de policiers antiterroristes juste au pied du théâtre, sous ma loge. Forcément, c'était inquiétant. Mais je n'ai rien dit à personne. Car nous devions finir la représentation - c'était la dernière de Paillasse avant le confinement en Autriche - et elle était filmée. C'est à la fin de la représentation que le directeur a annoncé les événements.

"On se serait cru dans le Titanic"

Le directeur de l'opéra a alors demandé au public de rester: "On a entendu des cris, mais la police est arrivée et cela s'est vite calmé", se remémore Roberto Alagna. "Entre les spectateurs, les musiciens de l'orchestre et les chœurs, il y avait plusieurs centaines de personnes confinées, dont des enfants à qui on a distribué des couvertures pour qu'ils dorment. Les musiciens sont restés dans la fosse et ont joué pour faire patienter tout le monde. On se serait cru dans le Titanic."

Roberto Alagna a été évacué avec sa femme aux alentours de deux heures du matin. Il se souvient de l'ambiance dans les rues: "Dans le centre-ville, il y avait des barrages de policiers partout, on avait l'impression d'être en état de siège, en guerre. On a basculé de la distraction à l'horreur. C'est terrible de vivre ça", dit-il, avant de conclure: "J'avoue que moi qui suis d'un naturel optimiste, entre le coronavirus et le terrorisme, je suis inquiet."

Article original publié sur BFMTV.com