« La Conférence de Brazzaville de 1944 n'a pas tenu ses promesses »

Par notre envoyée spéciale à Brazzaville, Marlène Panara
·1 min de lecture
Le général de Gaulle en 1942 au Cameroun avec des membres des troupes d'Afrique équatoriale française (AEF). 
Le général de Gaulle en 1942 au Cameroun avec des membres des troupes d'Afrique équatoriale française (AEF).

Août 1940. Deux mois après l'appel du 18 Juin, le général de Gaulle confie une mission des plus délicates à ses deux compagnons de route, le commandant Leclerc et le capitaine Hettier de Boislambert : obtenir le ralliement du Cameroun à la France libre et l'organisation de résistance. À la tête de vingt-deux combattants français, ils embarquent, sur des pirogues depuis le Nigeria, direction Douala. Le 27, la cité camerounaise est prise, et le 29, le gouverneur Brunot ? qui a lui aussi répondu à l'appel du général ? cède ses pouvoirs à Philippe Leclerc de Hautecloque, devenu colonel, à Yaoundé. La campagne est un succès. Le Cameroun rallie officiellement la France libre, et le général de Gaulle renforce son assise dans la région. Comment cette alliance s'est-elle matérialisée sur le plan militaire ? Et comment la France libre a-t-elle contourné les statuts du Cameroun sous mandat français confié par la Société des Nations (SDN) mais non intégré à l'Afrique-Équatoriale française (AEF), pour servir ses intérêts ? Wanyaka Bonguen Oyongmen, chercheuse en histoire et autrice d'une thèse sur la coopération militaire entre la France et le Cameroun, s'est confiée au Point Afrique.

Le Point Afrique : À quel moment le Cameroun est-il entré dans la guerre aux côtés de l'AEF ?

Wanyaka Bonguen Oyongmen : Le contexte au Cameroun est bien particulier, car contrairement à ses voisins de l'AEF, il s'agissait là d'un territoire sous mandat partagé avec la Grande-Bretagne. Au d [...] Lire la suite