"Les conditions de détention de Carlos Ghosn n'étaient pas humaines"

Dans l’attente de la constitution d’un nouveau gouvernement, l’actuel ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, par ailleurs gendre du président de la République Michel Aoun, a accepté de répondre à nos questions sur l’affaire Ghosn.

Paris Match. Quand et comment avez-vous appris le retour de Carlos Ghosn au Liban?
Gebran Bassil, ministre des Affaires étrangères du Liban. D’après les nouvelles, une fois qu’il était là. Je n’étais pas au courant du tout.

Quand une personnalité pareille entre dans le pays, on ne vous prévient pas?
Cela relève de la sécurité nationale et pas de notre ministère. Il a, comme vous le savez, présenté à son arrivée un passeport français et ne faisait alors l’objet d’aucun signalement particulier, il est donc entré légalement.

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Il n’y avait pas de signalement soit, mais le monde entier est au courant de ses démêlés avec la justice japonais depuis un an.
Mais il ne fait l’objet d’aucun jugement. Après l’arrestation de monsieur Ghosn, j’ai convoqué l’ambassadeur du Japon au Liban pour lui demander deux choses : qu’il puisse bénéficier d’un procès équitable et que ses conditions de détention soient humaines, ce qui n’était pas le cas selon notre ambassadeur qui le visitait régulièrement. Nous avons par ailleurs adressé plusieurs correspondances ainsi qu’un dossier aux autorités japonaises concernant cette affaire, restés sans réponses.

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Avez-vous demandé à ce que Carlos Ghosn soit extradé et jugé au Liban?
Nous n’étions pas en mesure de le faire puisqu’il n’existe pas d’accord de coopération juridique entre nos deux pays.

Les autorités japonaises ont-elles réagi de manière officielle, en dehors de déclarations publiques, à l’arrivée de Carlos Ghosn au Liban ?
L’ambassadeur du Japon a pris contact avec quelques instances libanaises, mais il n’a pas(...)


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