La condamnation d'Alexeï Navalny provoque un tollé occidental

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De nombreux pays ont rapidement réagi à la condamnation à trois et demi de prison d'Alexeï Navalny. Les États-Unis, la France, l'Allemagne ou encore le Royaume-Uni ont appelé à sa libération. Moscou dénonce une ingérence.

Les États-Unis ont été parmi les premiers à exprimer ce mardi leur « profonde préoccupation » après la condamnation à plus de deux ans de prison de l'opposant russe Alexeï Navalny, appelant la Russie à le libérer « immédiatement et sans conditions ». « Tout en travaillant avec la Russie pour défendre les intérêts des États-Unis, nous allons nous coordonner étroitement avec nos alliés et partenaires afin que la Russie rende des comptes pour n'avoir pas respecté les droits de ses citoyens », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué.

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Une position appuyée par l'Union européenne qui a elle aussi réclamé la libération immédiate de l'opposant russe par la voix de son chef de la diplomatie, Josep Borell. « La condamnation d'Alexeï Navalny va à l'encontre des engagements internationaux de la Russie en matière d'État de droit et de libertés fondamentales. Je réclame sa libération immédiate », a-t-il déclaré dans un message sur son compte Twitter.

« Inacceptable » pour Macron

Emmanuel Macron a lui jugé cette condamnation « inacceptable ». « Un désaccord politique n'est jamais un crime. Nous appelons à sa libération immédiate. Le respect des droits humains comme celui de la liberté démocratique ne sont pas négociables », a réagi le président français.

« Le verdict d'aujourd'hui contre Alexeï Navalny est un coup sévère contre les libertés fondamentales et l'État de droit en Russie », a quant à lui déclaré le ministre allemand des Affaires étrangère Heiko Maas dans un tweet. Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a estimé dans un communiqué que la décision « perverse » de la justice russe montre que le pays ne remplit pas les « engagements les plus élémentaires attendus de la part de tout membre responsable de la communauté internationale ».

Moscou dénonce une « ingérence »

De son côté, Moscou a dénoncé une « ingérence » après ces appels à libérer l'opposant. La porte-parole de la diplomatie russe a accusé les capitales occidentales d'être « déconnectées de la réalité ». « Il n'y a aucune raison de s'ingérer dans les affaires d'un État souverain. Nous recommandons que chacun s'occupe de ses propres problèmes », a encore déclaré Maria Zakharova, lors d'une interview au média RBK.

Un peu plus tôt, des sources diplomatiques ont affirmé que le projet d'une session informelle et à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU sur le cas d'Alexeï Navalny ne se concrétisera pas ce mercredi comme initialement envisagé. Portée par l'Estonie, membre non permanent du Conseil de sécurité, l'idée avancée vendredi n'est « pas entièrement abandonnée mais il n'y aura rien cette semaine », a indiqué un diplomate sous couvert d'anonymat.

(Avec AFP)