Les condamnés à mort, des détenus oubliés du droit

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À l'occasion du 8e Congrès mondial contre la peine de mort qui s'ouvre ce mardi 15 novembre à Berlin, entretien avec le juriste et spécialiste des questions des droits humains, Nordine Drici.

Cinquante-trois États possèdent encore la peine capitale dans leur arsenal juridique. À partir de ce mardi et jusqu’au 18 novembre, les représentants de 90 pays sont attendus à Berlin pour le 8e Congrès mondial contre la peine de mort. Parmi les nombreux sujets qui seront abordés, celui des conditions de détention et de traitement des condamnés à mort. Aucun texte ou presque ne réglemente cette question. Nordine Drici est le coauteur d’une étude publiée avec l'université de Grenoble sur ce sujet et d’une proposition de règlement international. Entretien.

RFI : Avant d’entrer dans les questions de droit, diriez-vous que les sociétés qui condamnent des personnes à la mort ne les considèrent plus, dès lors, comme des membres à part entière ?

Nordine Drici : C'est exactement ça. Les détenus condamnés à la peine capitale constituent un angle aveugle dans la question de la privation de liberté. Les détenus sont une population qui est déjà reléguée aux confins de la société, mais c’est encore plus vrai pour les condamnés à mort. Parce que les condamnés à mort, par essence, sont destinés à être exécutés ou à mourir en prison avant – les États ne se soucient pas de réinsertion sociale, par exemple, et il y a un certain nombre de droits qui leur sont déniés. Les personnes condamnées à mort ont également des besoins spécifiques, additionnels, qui ne sont pas couverts par le droit.

La dignité du condamné est aussi bafouée après son exécution ?


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