Concernant le gel des visas aux Russes, l’UE coupe la poire en deux

PHOTO ATTA KENARE/AFP

Comme souvent lorsqu’il s’agit de prendre des décisions délicates, les dirigeants des pays européens étaient divisés en deux.

D’un côté, les partisans d’une ligne dure vis-à-vis des citoyens russes. Un bloc composé principalement de pays du nord et de l’est de l’UE, parmi lesquels la Finlande, l’Estonie, la Lituanie, la Pologne, la Lettonie ou encore la République tchèque. Des gouvernements qui militaient pour un arrêt total (ou presque) de la délivrance de visas (notamment touristiques) aux Russes pour l’entrée dans l’UE.

De l’autre côté se trouvaient des poids lourds occidentaux comme la France et l’Allemagne, défendant la position selon laquelle “une interdiction générale punirait injustement tous les Russes, empêcherait les détracteurs du Kremlin de s’échapper et risquerait de faire le jeu de Poutine en accréditant ses affirmations sur la russophobie occidentale”, rappelle The Washington Post.

Ce mercredi 31 août, les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis à Prague, se devaient de trancher, et ils l’ont fait en trouvant (comme souvent) une position de compromis. Bruxelles va donc suspendre l’accord facilitant la concession de visas pour les Russes en vigueur depuis 2007, et elle va intensifier les contrôles sur les futures demandes présentées par les touristes.

Pas d’interdiction totale, donc, mais grâce à ces mesures obtenir un visa deviendra “beaucoup plus compliqué et plus long, ce qui va réduire considérablement le nombre de visiteurs [russes]”, s’est félicité Josep Borrell.

Une action nécessaire aux yeux du chef de la diplomatie européenne, qui a regretté que l’on voie “de nombreux Russes voyager pour leurs loisirs et faire du shopping comme si aucune guerre ne faisait rage en Ukraine”, rapporte le quotidien américain, qui s’attend à ce que le débat revienne rapidement sur la table.

“Les pays appelant à une interdiction générale ou quasi générale des visas considèrent la suspension de l’accord de facilitation comme un modeste premier pas, mais ils feront pression pour obtenir des mesures supplémentaires au sein de l’UE”, écrit le Washington Post, qui conclut en rapportant les propos de Volodymyr Zelensky à ce sujet :

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