TOUT COMPRENDRE - Que sait-on des cinq Afghans rapatriés en France placés sous surveillance?

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Des perquisitions ont eu lieu ce mardi dans une résidence à Noisy-le-Grand où se trouvent des réfugiés afghans. L'un d'entre eux est soupçonné d'avoir travaillé pour les talibans tandis qu'un second a été interpellé et placé en garde à vue pour non-respect de son assignation à résidence. - BFMTV
Des perquisitions ont eu lieu ce mardi dans une résidence à Noisy-le-Grand où se trouvent des réfugiés afghans. L'un d'entre eux est soupçonné d'avoir travaillé pour les talibans tandis qu'un second a été interpellé et placé en garde à vue pour non-respect de son assignation à résidence. - BFMTV

En France, mais sous surveillance. Cinq personnes de nationalité afghane sont surveillés depuis plusieurs jours par les services de renseignements français après leur départ de Kaboul, désormais aux mains des talibans. L'un d'entre eux, qui aurait aidé à évacuer l'ambassade de France dans la capitale afghane, est également soupçonné d'être lié au mouvement des talibans.

• Que sait-on de ces cinq Afghans?

Ce rapatrié afghan, soupçonné d'être en lien avec les talibans et rapatrié en France via l'aéroport d'Abou Dhabi, a été placé sous surveillance avec quatre de ses proches à la suite d'une décision prise par arrêté ministériel. Selon Beauvau, cet homme a été observé en train de porter une arme dans les rues de Kaboul peu avant la prise de pouvoir des talibans.

"Il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics", indique l'arrêté.

Selon plusieurs sources policières, l'individu qui attire l'attention des autorités françaises tenait le checkpoint taliban devant l'ambassade de France. En parallèle de ce poste, il a aussi joué un rôle très actif dans l'évacuation de l'Ambassade, et l'accompagnement de nombreuses personnes à l'aéroport de Kaboul. La décision a donc été prise de le ramener à Paris, mais avec une Micas (mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance, c'est ce qui est décrit dans le fameux arrêté).

Il s'agit, selon nos informations, d'un individu né en 1991 qui se trouve désormais dans un hôtel de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Quatre autres proches dont son frère sont également soumis à cette mesure de contrôle. La femme et l'enfant du suspect principal se trouvent également en quarantaine dans le cadre du protocole sanitaire, mais ils ne sont pas "surveillés" au sens où ils ne sont pas sous Micas.

Selon l'arrêté pris par le ministre, cet homme a admis son appartenance au mouvement et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul. "Devant les difficultés extrêmement fortes pour pouvoir faire des enquêtes de sécurité sur les personnes devant être rapatriées", les autorités françaises "ont accepté d'embarquer cette personne et sa famille", a précisé Gérald Darmanin.

• Pourquoi l'un d'entre eux a-t-il été interpellé?

Parmi ces cinq Afghans placés sous surveillance, l'un d'entre eux a été interpellé et placé en garde à vue lundi. Une garde à vue prolongée de 24 heures mardi soir, a-t-on appris du parquet de Paris. Point important: il ne s'agit pas ici de celui qui inquiète les autorités françaises, mais d'un des membres de sa famille.

Le ressortissant a quitté Noisy-le-Grand alors qu'il lui était interdit d'aller au-delà du territoire communal. Il a été suivi par des policiers qui souhaitaient savoir où il se rendait et s'il devait retrouver quelqu'un. Ce n'est qu'une fois arrivé à destination, au nord de Paris, qu'il a été interpellé, a appris BFMTV d'une source proche de l'enquête. Une heure environ s'est écoulée entre son départ de Noisy-le-Grand et son interpellation.

L'homme, âgé d'une trentaine d'années, a été placé en garde à vue pour "non-respect d'une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance", a indiqué plus tard le parquet de Paris. Les enquêteurs doivent notamment l'interroger au cours de cette garde à vue sur les raisons qui l'ont poussé à partir de Noisy-le-Grand.

• Ont-ils fait l'objet de vérifications avant leur entrée sur le territoire?

"Il n'y a pas eu de faille". Tels sont les mots prononcés ce mardi matin par Gérald Darmanin. Le ministre de l'Intérieur, interrogé par nos confrères de France Info, a assuré que les services français connaissaient "toutes les personnes ramenées par l'armée française [...] Cela est maîtrisé par la police française."

Contactées par BFMTV, plusieurs sources nous indiquent que les Afghans sont tous criblés avant leur départ pour la France et que leurs noms sont passés au fichier des services de renseignements, qui "bossent 24h/24". À titre d'exemple: le ressortissant afghan au profil le plus inquiétant a dû attendre plusieurs jours à Abou Dhabi avant de partir pour la France, le temps de terminer son criblage.

Autre donnée importante: sur les 1400 Afghans rapatriés actuellement présents sur le sol français, il n’y a que ces cinq ressortissants qui font l’objet d’une Micas.

• Que risquent-ils?

Si des liens avec les talibans sont établis pour l'un de ces ressortissants, une demande d'asile pourra être lui être refusée, ce qui ne l'empêche pas de déposer un recours. En cas de rejet de celui-ci, la personne pourrait in fine être expulsée lorsque la situation en Afghanistan sera stabilisée, et pas avant. En revanche, une personne ne pourrait pas être incarcérée en France en raison de ses relations avec les talibans si elle ne commet aucun délit sur le territoire français.

S'agissant enfin du ressortissant interpellé lundi à Paris, ce dernier encourt jusqu'à 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende pour avoir rompu sa Micas.

Article original publié sur BFMTV.com

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