Comprendre l'affaire Bygmalion

L'enquête préliminaire dans le cadre de l'affaire Bygmalion a été ouverte en mars 2014.

Il s'agit de l'ancien directeur général Eric Cesari, proche de Nicolas Sarkozy, de l'ancien directeur de la communication Pierre Chassat et de Fabienne Liadzé, ex-directrice des affaires financières.
Vous n’avez rien suivi de cette affaire ? Lisez ce qui suit car cette enquête n’a pas fini de faire parler d’elle.

A l’origine…


Tout commence par une enquête publiée par Le Point en février dernier. L'hebdomadaire révèle l'existence d'un système de fausses facturations destiné à dissimuler des dépassements de frais de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Malgré les dénégations des principaux intéressés, un second article de presse apporte de nouveaux éléments. Le 5 mars, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire. La machine judiciaire est lancée.

 Le but : dissimuler des dépassements dans les dépenses de campagne
Le système était bien huilé : pour ne pas dépasser la quarantaine de millions d'euros de dépenses autorisées pour la campagne des deux tours et ainsi obtenir un financement public, les meetings de Nicolas Sarkozy étaient sous-facturés auprès de l'équipe du candidat. C'est la société Bygmalion, fondée par deux proches de Jean-François Copé, qui aurait rédigé ces fausses factures. Pour s'y retrouver financièrement, elle faisait payer des meetings fictifs à l'UMP. Au total, le parti aurait donc honoré quelque 18,5 millions d’euros de dépenses du candidat Nicolas Sarkozy.

 Les aveux de Bygmalion
Le 26 mai dernier, la société Bygmalion a reconnu pour la première fois avoir établi ces fausses factures. Une version confirmée par Jérôme Lavrilleux, ancien directeur-adjoint de la dernière campagne présidentielle du candidat UMP. Ce dernier dédouane toutefois Nicolas Sarkozy comme Jean-François Copé qui n’auraient pas été tenu au courant du financement de la campagne.

L’impact politique
L'affaire Bygmalion a déjà poussé Jean-François Copé à la démission de la présidence de l'UMP. Elle gêne aussi le retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique. Lors de son interview de rentrée sur France 2 le 21 septembre, l'ancien président de la République a affirmé n'avoir appris l'existence de la société Bygmalion que bien après avoir mené sa campagne pour la présidentielle de 2012. Mais jeudi 2 octobre, François Fillon est venu semer le doute sur la responsabilité de Nicolas Sarkozy dans cette affaire en déclarant de son côté avoir « souvent » entendu parler de Bygmalion pendant la campagne.

Ceux qui sont déjà poursuivis en justice
L'ancien directeur général Eric Cesari, proche de Nicolas Sarkozy, l'ancien directeur de la communication Pierre Chassat et Fabienne Liadzé, ex-directrice des affaires financières, ont ont été mis en examen samedi 4 octobre pour faux et usage de faux et pour abus de confiance.

Bastien Millot et Guy Alvès, les deux fondateurs de Bygmalion, sont poursuivis pour "complicité de faux et complicité d'usage de faux", tandis que Franck Attal, l'ancien patron de la filiale événementielle de Bygmalion, Event & Cie, est mis en examen pour "faux et usage de faux".