"La complainte de Marine Le Pen", la chronique d'Anne Roumanoff

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Au voleur, au voleur! On a volé mes idées!
Après tant d'années passées à chercher, désespérément, la respectabilité ;
après tant d'efforts pour essayer de me dédiaboliser,
sur mon extrême droite, je suis soudain doublée. À côté de Zemmour, je semble presque modérée. Ô sort cruel! Inique destinée! Il faut dire la vérité : Gargamel m'a tout pompé.

Je ne me suis pas économisée, pourtant!
J'ai exclu les néonazis sympathisants,
changé le nom du parti, atténué mes propos,
appris à surveiller chacun de mes mots.
J'ai présenté de mes idées une version édulcorée, tandis que lui a ajouté du sel et du piment sur les plaies.

Hélas, je le constate, plus il pique, plus il plaît. Quand les idées racistes sont par lui exprimées, les médias l'interrogent, fascinés : "Mais comment pouvez-vous dire ça? Vous le pensez vraiment? Développez. Mais pourquoi?" Moi, à peine je m'exprimais que déjà on me condamnait. Pleins de mépris pour moi, les commentateurs éructaient : "Quelle honte de penser ça! Madame, vous dites vraiment n'importe quoi!" J'ai sans doute moins de culture et d'arguments que lui, moins d'aplomb, de bagout et de vivacité d'esprit. On m'accuse de ne pas potasser assez mes dossiers ; oui, contre Macron, j'ai fait un débat complètement raté, je n'étais pas assez préparée, c'est vrai, mais combien de temps va-t‑on encore me le reprocher?

Peut-on déposer plainte pour pillage d'idées?

Comme si je n'étais pas assez dans le souci, voilà que, chez Les Républicains aussi ils se mettent, sans ...


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