La comparaison de Michèle Rivasi sur le pass sanitaire scandalise

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Michèle Rivasi lors d'une conférence de presse durant la campagne des élections européennes (Photo: STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Michèle Rivasi lors d'une conférence de presse durant la campagne des élections européennes (Photo: STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

POLITIQUE - Voilà qui ne devrait pas arranger son image “d’antivax” au sein de son parti. Après les annonces faites par Emmanuel Macron lundi 12 juillet, l’eurodéputée EELV Michèle Rivasi a osé sur Twitter une comparaison qui a du mal à passer au lendemain de l’allocution présidentielle. Et pour cause, “c’est l’apartheid dans le pays des droits de l’homme”, a écrit l’élue écolo, qui compare donc l’élargissement du pass sanitaire au régime de ségrégation raciale instauré en 1913 en Afrique du Sud.

Un tweet qui a provoqué de très nombreuses réactions outrées, y compris au sein de sa famille politique. “J’ai vraiment honte d’être dans le même parti que toi, là”, a réagi Elli Tessier, co-responsable de la commission énergie au sein d’EELV. “Mais quelle honte tu fais porter à notre mouvement”, a renchéri Frédéric Badina Serpette, élu EELV au Conseil de Paris. “La référence historique est honteuse. L’apartheid a pris des vies, la vaccination en sauve. Se cacher derrière la définition du dictionnaire ne change rien. Supprime ce tweet honteux”, a fermement condamné Mounir Satouri, également député EELV au Parlement européen.Candidate à la primaire écolo, Sandrine Rousseau s’est quant à elle fendue d’une réponse lapidaire.

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“Comparer l’incomparable”

Au-delà d’EELV, cette sortie a également été condamnée par Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, partenaire de la formation écolo. “Comment en un tweet basculer dans l’outrance ‘antivax’. Comparer l’incomparable c’est aussi relativiser le crime que fut le régime raciste d’apartheid. La vaccination c’est le moyen de vivre libres et ensemble!”, a cinglé le député de Seine-et-Marne. La comparaison fait également hurler chez LREM, où plusieurs élus ont exprimé leur consternation, à l’image de la députée de l’Hérault, Patricia Mirallès, et de l’eurodéputée Irène Tolleret.

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Plus gênant pour la formation de Julien Bayou, le tweet de Michèle Rivasi fait également bondir la communauté scientifique. Car sous sa publication de Michèle Rivasi, les réactions de chercheurs s’accumulent. “Franchement EELV, cette personne ne fait pas de bien à votre parti. Genre pas du tout”, commente Mathieu Rebeaud, chercheur en biochimie à l’université de Lausanne. “Pas de vaccin contre la connerie visiblement”, a taclé le docteur Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre.

Chercheuse en neurosciences, Alexandra Gros a quant à elle utilisé un gif évocateur en guise de réponse.

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Défense (très) bancale

Face au tollé, Michèle Rivasi s’est lancée ce mardi 13 juillet dans une explication de texte. Première justification, un lien vers la page Larousse renvoyant à la définition du terme apartheid, qu’elle retient ainsi: “Discrimination, voire exclusion, d’une partie de la population, qui ne dispose pas des mêmes droits, lieux d’habitation ou emplois que le reste de la collectivité”. Ce qui, à ses yeux, justifierait sa comparaison. Problème: l’élue écolo omet la seconde partie de la définition vers laquelle elle renvoie: “Régime de ségrégation systématique des populations de couleur appliqué en Afrique du Sud entre 1913 et 1991″.

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Autre ligne de défense, elle n’est pas la seule à utiliser le terme. Pour preuve, un lien vers un éditorial du Monde, s’alarmant de l’instaurantion d’un “apartheid vaccinal”. Or, le texte de Sylvie Kauffmann ne portait pas du tout sur le pass sanitaire (ce qui est le point de départ de la comparaison de Michèle Rivasi) mais sur l’inégalité vaccinale entre pays du Nord et pays du Sud. L’expression est d’ailleurs celle de Pascal Lamy, ex-patron de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et non de l’autrice de l’éditorial, comme le sous-entend l’eurodéputé écolo. Ce qui est, là encore, visible dans le texte qu’elle partage.

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Une défense (très) bancale qui ne devrait pas être de nature à calmer les critiques. Sollicités par Le HuffPost pour savoir si les propos de Michèle Rivasi étaient conformes à la position du parti, les cadres dirigeants d’EELV ont fait savoir que des sanctions n’étaient pas à exclure. L’état major du parti doit d’ailleurs se réunir dans l’après-midi pour discuter des suites à donner à ce dérapage. Secrétaire nationale adjointe du mouvement, Sandra Régol a de son côté publiquement dénoncé les “dérives verbales” de l’eurodéputée. Le patron du parti Julien Bayou a déploré en milieu de journée sur Twitter “une comparaison aussi idiote qu’indigne”.

À voir également sur Le HuffPost: Cafés, cinés, trains... La liste des lieux où le pass sanitaire sera demandé

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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