Comparaison avec le IIIe Reich, étoile jaune... Multiples dérapages lors d'une manif anti-pass sanitaire

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Environ 200 personnes étaient présentes le week-end passé sous la Tour Eiffel afin de montrer leur désaccord avec le gouvernement. Un rassemblement qui a dérapé de manière incontrôlée.

Après les anti-vaccins, les anti-pass sanitaire. Alors qu'à partir du 9 juin prochain l'application TousAntiCovid devrait permettre d'héberger le pass et ses QR codes d'accès permettant d'accédant aux grands événements, 200 manifestans ont fait part de leur méfiance, voire de leur hostilité envers ce dispositif qui, selon eux, serait une première étape vers une privation des libertés fondamentales en France. 

"C'est le quatrième Reich" 

Ce samedi, 200 personnes étaient ainsi réunies place du Trocadero à Paris, pour une manifestation organisée par le collectif d'artistes Ami entends-tu, nom tiré des paroles du Chant des partisans, hymne de la Résistance. Ce collectif se présente comme une association défendant "la défense des libertés fondamentales et notamment de la liberté d’expression sous toutes ses formes".

Cette manifestation contre "la dictature sanitaire", était également organisée à l'appel de l'ancienne généticienne de l'Inserm Alexandra Henrion-Caude, figure du documentaire aux relents complotistes Hold-Up, dont l'Inserm se désolidarise désormais, après ses multiples propos contestés sur la pandémie. 

Dans un premier temps passé inaperçu, le rassemblement organisé afin de lutter contre les mesures gouvernementales connaît ces dernières heures un nouveau retentissement après la diffusion sur les réseaux sociaux et dans les médias de plusieurs propos tenus par des participants. À l'image de cette manifestante qui, devant les caméras, se risque à une comparaison historique plus que douteuse. 

"C’est le quatrième Reich, je suis venue fêter la fête des nazis, vous voyez les SS qui nous obligent à porter des masques, qui nous obligent à avoir le pass sanitaire", éructe-t-elle, soulignant que le port du masque était, pour elle, inacceptable. "C’est un dispositif médical, et je ne vois pas pourquoi je le porterai si je ne suis pas malade, c’est quoi ces conneries? Faut arrêter les conneries là", ajoute-t-elle.

Une analogie entre le pass sanitaire et l'étoile jaune

Quelques jours avant la tenue du rassemblement, le collectif Ami entends-tu en avait fait la promotion sur les réseaux sociaux, avec une vidéo dans laquelle plusieurs célébrités, dont les comédiens Annie Duperey, Didier Bénureau ou encore le journaliste Franck Ferrand appelaient à dire "non au pass sanitaire."

Au Trocadéro, c'est une autre célébrité qui a fait parler d'elle. Fort de plusieurs prises de position polémiques ces dernières semaines, Jean-Marie Bigard a pris la parole sur l'estrade montée pour l'occasion, où il a notamment accusé Olivier Véran - il a "du sang les mains" - et l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn. "Ils le paieront et mourront de leur cupidité", peut-on l'entendre menacer, sur des images tournées par une équipe de Quotidien.

À cette occasion, l'humoriste s'est lui aussi adonné à un rapprochement hasardeux avec la Seconde guerre mondiale. "Non au pass sanitaire, pourquoi ils ne nous colleraient pas une étoile jaune pour qu’on soit repérés plus facilement?", s'écrit-il face aux manifestants, pour la plupart hostiles aux journalistes, et qui arboraient pour certains des étoiles jaunes sur leurs vêtements. 

Des propos réitérés sur la chaîne russe RT qui ont fait bondir la Licra. Dans un tweet, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, a appelé à ne pas "banaliser la Shoah." "Changez de disque, laissez dormir les morts et respectez l'Histoire", peut-on également lire.

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Un vice-président du Sénat présent

Plus surprenant, le vice-président du Sénat et sénateur UDI du Sénat Vincent Delahaye était également présent au cours du rassemblement, et a même pris la parole en rappelant avoir "voté contre le pass sanitaire." Apostrophé par plusieurs personnalités politiques pour cette participation, dont le socialiste Jérôme Guedj, le numéro deux de Gérard Larcher s'en est expliqué dans un tweet publié ce mardi. 

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Vincent Delahaye confirme avoir été invité et être intervenu lors de ce rassemblement, mais affirme que les propos polémiques ont en revanche été tenus après son départ. 

"Après mon départ, des propos inacceptables ont été tenus. Je les condamne avec la plus extrême fermeté. Rien de ce qui a été dit ne me ressemble", assure-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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