Comores: mort suspecte d’un officier à la retraite arrêté pour «tentative de destabilisation»

·2 min de lecture

Aux Comores, le décès d’un sous-officier retraité durant un interrogatoire, dans une caserne militaire sur l’île d’Anjouan a suscité une vive émotion car les circonstances de sa mort restent mystérieuses. Interpelé pour « tentative de déstabilisation », il n’a pas survécu à l’audition. Les autorités parlent de malaise et même de Covid-19 pour expliquer son décès. La version des proches, qui ont dû exhumer le corps pour y avoir accès, fait état de sang ainsi que de blessures à la tête.

Avec notre correspondante à Moroni, Anziza M’Changama

Certaines autorités se sont rendues à Anjouan où la situation est à nouveau calme, après des heurts entre les forces de l’ordre et la population qui réclame justice.

Les causes du décès du major Akim dit Ba Pale, divergent. Le directeur de cabinet du président, chargé de la Défense évoque un malaise dû à l’hypertension du retraité.

« Durant l’interrogatoire, il a reconnu les faits de tentative de déstabilisation et même cité ses complices. Quand il s’est senti mal, il a été emmené d’urgence à l’hôpital mais est décédé en chemin. Sa famille a été informée et la décision a été prise de l’enterrer dans le village de la mère de ses enfants. » a-t-il assuré.

Cette version s’oppose à celle des proches du défunt qui ont dû exhumer le corps pour avoir la certitude qu’il s’agissait bien du major. Par ailleurs, les personnes présentes ont évoqué des traces de sang, un crâne fracassé et l’absence de linceul.

Outre le flou qui règne encore sur les circonstances de la mort, l’exhumation d’un corps est un acte fort et quasi inédit aux Comores où l’islam prévaut. Ses proches ont pu effectuer les rites religieux d’usage avant de l’inhumer convenablement.

Pour éclaircir les faits, le porte-parole du gouvernement affirme qu’une enquête de commandement a été ouverte.