La communauté juive de Floride frappée au coeur par la tragédie de l'immeuble effondré

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Devant la synagogue "The Shul", à Surfside en Floride, des bénévoles s'activent vendredi pour transporter couvertures, bouteilles d'eau, vivres, produits de première nécessité et jouets pour enfants. Ces articles d'urgence sont destinés aux rescapés de l'effondrement d'un immeuble en front de mer, un drame dont l'ampleur pourrait se révéler dramatique.

"Notre communauté est très soudée", explique à l'AFP Zalmi Duchman, 41 ans. "Nous connaissons beaucoup des familles qui habitent cet immeuble, des parents proches ou éloignés."

Surfside compte une importante communauté juive orthodoxe, notamment des Loubavitch. Ils étaient environ 2.500 en 2018, selon l'Agence télégraphique juive, soit près de la moitié de la population de cette station balnéaire près de Miami.

L'effondrement inexpliqué de cet immeuble, dans la nuit de mercredi à jeudi, a frappé au coeur les juifs ici, qui restent soudés et affichent leur esprit de résistance face à la tragédie même la lenteur des recherches entraîne des frustrations.

M. Duchman est venu vendredi apporter son aide au centre communautaire de la ville transformé en centre d'information pour les résidents du complexe Champlain Towers et les proches des 159 personnes toujours manquantes.

"C'est quelque chose qu'on ne peut pas prévoir, vous vous couchez le soir et puis...", dit-il.

"Nous avons été durement frappés, mais il y a encore de l'espoir, ajoute cet habitant de Surfside depuis 20 ans. "Nous, les juifs, nous croyons très fort aux miracles et nous n'abandonnons jamais, nous sommes résistants et nous essayons de rester positifs dans les temps difficiles".

- Frustration -

De 2.500 membres en 2018, la communauté juive a depuis grandi. "C'est sûrement plus depuis la pandémie" durant laquelle beaucoup d'enfants sont nés, explique le quadragénaire.

Derrière le rideau de grands immeubles qui font face à la mer, les rues bordées de maisons sont souvent décorées de drapeaux israéliens et américains. Sur un balcon, un habitant a installé une grande affiche "Surfside Strong", une expression que l'on retrouve après chaque catastrophe aux Etats-Unis.

Depuis jeudi matin, les dons affluent au centre communautaire et à la synagogue Shul, où officie depuis deux décennies le rabbin Sholom Lipskar. Le lieu de culte est "le pilier de la communauté", assure Zalmi Duchman.

Mais face à l'ampleur des dégâts et la lenteur des opérations de secours, certains montrent leur frustration grandissante.

"Ce n'est pas suffisant", assure Mike Salberg, venu de New York. Cinq membres de sa famille habitaient le complexe et ils n'ont pas donné signe de vie.

Il exige "des réponses", affirmant que les familles de victimes sont laissées dans l'ignorance.

"On nous dit que (les pompiers de Miami Dale) ont les meilleures équipes, mais ils n'ont pas les capacités et 40 heures après, ils n'ont trouvé que quatre morts", regrette-t-il. Il réclame que des ingénieurs israéliens dépêchés par le gouvernement israélien puissent participer aux opérations de recherches.

"Il fait très chaud, il y encore des gens pris au piège mais c'est sûr qu'il y a encore des survivants", affirme-t-il.

cyj/seb/led

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