Commission de l'UE: Ursula von der Leyen, si macroniste que ça?

La Commission von der Leyen prend officiellement ses fonctions ce dimanche 1er décembre 2019. L'ex-ministre de la Défense d'Angela Merkel, qui n’est pas très populaire - ni en Allemagne, ni au sein de sa famille politique, la CDU - a longtemps été perçue avant tout comme le choix de la France. Une proximité à nuancer.

« C'est un choix macroniste », voilà ce qu'on disait à la CDU quand Ursula von der Leyen s'est présentée devant les eurodéputés. Et ça n'était pas un compliment. Emmanuel Macron a bien revendiqué le fait d'être celui qui avait proposé son nom mais Ursula von der Leyen est avant tout une très proche d'Angela Merkel. La chancelière a longtemps espéré qu'elle serait son héritière politique.

Sur le climat, l'immigration, le président français trouvera en tout cas une alliée à Bruxelles. Sur la vision globale aussi ; l'Élysée apprécie son ambition d’une Commission européenne « géopolitique ».

Sur les questions de défense, c'est déjà plus mitigé. Lorsqu'elle était ministre de la défense Ursula Von Der Leyen avait pesé en faveur des projets franco-allemands de char et d'avion de combat. Mais l'Europe de la défense reste pour elle un sujet un peu lointain et surtout face aux critiques sévères d’Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen a défendu l’Alliance.

Enfin, tous deux divergent sur l’élargissement de l'UE aux Balkans occidentaux. Le Français est contre. L'Allemande y voit une nécessité pour stabiliser la région, tenter de la soustraire aux influences de la Chine, de la Russie et de la Turquie.

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Pierre Moscovici est le grand invité de Carrefour de l’Europece dimanche, ex-Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, fiscalité et douanes de la Commission Juncker. Que retenir de ces cinq années européennes marquées par une double crise, celle de la zone euro et celle de la déferlante migratoire de 2015. Quelles sont les enjeux et les défis de la nouvelle Commission qui prendra de fait ses fonctions le lundi 2 décembre ? Pierre Moscovici sera interrogé par Daniel Desesquelle et Catherine Chatignoux du quotidien Les Echos avec Beniamino Morante de Courrier International