La Commission européenne accuse Amazon d'enfreindre les règles de concurrence de l'UE

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Alors que tous les pays reconfinés d’Europe espèrent éviter la faillite de leurs petits commerces face aux géants du commerce en ligne, la Commission européenne accuse Amazon d’avoir enfreint les règles de concurrence de l’UE.

Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet

Le numéro un américain de la vente sur internet conteste les accusations de la Commission européenne et affirme soutenir activement le commerce de détail, c’est-à-dire les vendeurs qui utilisent ses services. Mais l'UE estime qu’Amazon a abusé de sa position dominante.

C’est en Allemagne et en France que la distorsion de concurrence causée par Amazon est la plus sensible selon la Commission européenne. Sur les douze derniers mois, 80% des consommateurs allemands qui ont effectué des achats en ligne, en ont fait via Amazon. La proportion est de 70% en France.

Pour l’administration européenne chargée de la concurrence, le problème tient au fonctionnement de la place de marché d’Amazon, c’est-à-dire la plateforme utilisée par des commerces indépendants pour vendre leurs produits via le site du géant américain.

Une deuxième enquête ouverte

Selon la Commission, les données de 800 000 vendeurs (des boutiques, des artisans, des petites entreprises) ont été accumulées par la firme de Seattle. Ceci lui permet de mettre en avant ses propres produits, de se focaliser sur ce qui se vend le mieux en ajustant ses prix ou en décidant ce qui plaît le plus aux consommateurs. La firme américaine est donc accusée de marginaliser les vendeurs extérieurs et de limiter leur capacité de croissance.

Amazon va devoir répondre aux griefs exposés dans ces conclusions préliminaires. Les différends sont d'autant moins terminés que la Commission a annoncé ce mardi 10 novembre ouvrir une deuxième enquête. Elle porterait sur la façon dont les vendeurs extérieurs seraient tenus à l’écart des consommateurs abonnés au programme de fidélité Amazon Prime.