Commission citoyenne pour le climat : 150 propositions et un défi "systémique"

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"Changer tout, changer tout parce que notre monde ne tient plus debout", chantait déjà en 1976 Michel Jonasz. "Changer tout", c'est donc l'ambition de la Convention citoyenne pour le Climat, dûment éclairée, session après session, par un gratin d'experts, et réunie pour voter 150 propositions ce vendredi 19 juin et jusqu'à dimanche. Parce que nous n'avons plus que quelques années pour limiter la hausse des températures sur la planète à deux degrés, en réduisant de 40% nos émissions de CO2 dans l'atmosphère, mais aussi parce que l'accident sanitaire et industriel du Covid-19 nous oblige à tout repenser.

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De fait, ces 150 mesures pourraient bien aider le pays à combiner transition écologique et réductions des inégalités sociales. Prises dans leur ensemble, elles synthétisent les convictions des meilleurs experts et font système, de l'échelle locale à l'échelle internationale. Les propositions préconisent plus de régulations, et la création audacieuse de nouveaux services publics qui guideraient les Français dans une transition systémique qu'ils ont encore du mal à embrasser. Et ce, sans laisser comme c'était le cas jusqu'ici, trop de ménages fragiles sur le bord de la route... Les 150 citoyens ont travaillé en sachant qu'ils allaient devoir rendre compte de leurs préconisations dans leurs régions, parfois leurs villages, de sorte que chaque proposition semble guidée par le souci d'entraîner l'adhésion des citoyens, dans une société épuisée par l'individualisme et la concurrence. Une réponse infiniment républicaine, alors que nombre d'experts délaissent l'incitation des citoyens au profit de régulations étatiques contraignantes.

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