Comment récupérer une bague au fond d'un évier ou le dernier Pringles? Cette pince est sans doute la clé

Antoine Beau
Le robot permet de saisir des objets dans un tube, à la manière d'un poulpe ou de la trompe d'un éléphant. (Photo: UNSW)
Le robot permet de saisir des objets dans un tube, à la manière d'un poulpe ou de la trompe d'un éléphant. (Photo: UNSW)

TECHNOLOGIE - Des miettes partout et la main coincée dans le tube de chips. On connaît tous cette situation peu gratifiante à l’heure de l’apéritif, lorsqu’il s’agit de récupérer le dernier Pringles, au fond de la boîte... Des chercheurs de l’université de New South Wales en Australie (UNSW) se sont inspirés de la trompe d’un éléphant pour développer une main de robot capable de se saisir d’objets -plus ou moins fragiles- dans des espaces étroits et “confinés”.

Une toute petite victoire pour l’apéritif de demain car cette technologie n’est pas près d’arriver dans nos salons. En revanche, elle pourrait améliorer les performances des robots industriels. L’outil développé par l’Université de New South Wales est principalement composé d’un tissu souple qui peut soulever 220 fois son poids avant de rompre, expliquent les chercheurs dans une étude parue le jeudi 5 novembre.

Adaptée à la fragilité des objets

Équipée de capteurs innovants, en métal liquide, cette trompe artificielle est 15 fois plus sensible que les outils de préhension conventionnels dans l’industrie. Ainsi elle adapte la pression qu’elle exerce en fonction de la fragilité des objets à récupérer.

Depuis quelques années, les tissus sont connectés. Équipés de capteurs, certains vêtements peuvent détecter la chaleur à la surface de notre corps et réguler sa chaleur. La trompe artificielle de Trung Thien Hoang utilise cette technologie. Grâce à des changements de températures, la trompe s’assouplit ou se raidit en fonction de la tâche à effectuer.

S’inspirant de l’homme, la plupart des robots industriels sont équipés d’une griffe ou d’une pince qui se referme sur le matériel à déplacer. Pour saisir des objets dans un espace dégagé, la main humaine avec son pouce opposable est très efficace. Lorsque l’objet est plus petit ou plus grand que l’ouverture de la pince ou lorsqu’il se trouve au fond d’une boîte cylindrique, cette technologie s’avère inadaptée.

Basée sur le biomimétisme

Pour sortir de l’impasse, les chercheurs de l’UNSW ont simplement observé la nature. Cette pratique est très courante dans l’ingénierie et la recherche. Ce qu’on appelle le biomimétisme est à l’origine de beaucoup d’inventions, du robot abeille au TGV japonais, à la forme de bec de martin-pêcheur pour réduire le bruit du train.

Certains animaux sont dotés de grandes capacités de préhension. À l’aide de 40.000 muscles différents, logés dans sa trompe, l’éléphant peut tout aussi bien s’asperger de poussière pour se protéger du soleil ou se saisir de toute sorte de nourriture. Le poulpe peut agripper sa proie dans des recoins et dénicher son repas de petits troues en utilisant ses tentacules.

La prochaine étape? Une éventuelle commercialisation, dans quelques années. La trompe mécanique doit encore être optimisée et raccordée à des bras robotiques, pour manipuler des objets de manière autonome. Si tout se passe bien, “il ne sera pas nécessaire de soulever manuellement la pince, ce qui aidera à manipuler des matériaux très gros et lourds”, expliquait lors de la conférence de presse de l’université le docteur Do, un des membres de l’équipe. À terme, cette technologie pourrait littéralement ressentir les objets et s’adapter toute seule, grâce à des algorithmes.

À voir également sur Le HuffPost: Confiné, cet enfant italien de 9 ans a créé un jeu vidéo

LIRE AUSSI:

5G et effet rebond: le phénomène qui explique le débat fiévreux

D’où vient la technologie photovoltaïque ?

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.