Comment prévenir les secours en cas d’accident de randonnée ?

Les secours italiens ont cherché pendant neuf jours le randonneur Simon Gautier. Il avait pu appeler le 112 après une chute lui ayant causé de grosses blessures aux jambes.

Le corps de Simon Gautier, un randonneur français, a été découvert dans un ravin en Italie neuf jours après son appel au secours. De quoi interroger sur les précautions à prendre dans de pareilles circonstances.

Le corps de Simon Gautier a été retrouvé ce 19 août, après neuf jours de recherches, au fond d’un ravin en Italie. Le Français de 27 ans, parti seul en randonnée dans le sud de l’Italie, a vraisemblablement fait une chute qui lui a causé d’importantes blessures aux jambes. Il était parvenu à appeler les secours une première fois, mais ne savait pas précisément où il se trouvait. Il n’a ensuite plus répondu à son téléphone. Son sac à dos et son portable ont été retrouvés à plusieurs mètres au-dessus de lui.

Une polémique commence donc à enfler, de l’autre côté des Alpes, concernant la géolocalisation des appels d’urgence. Elle n’a pas été activée dans le pays, elle ne l’est d’ailleurs pas non plus en France. Une douzaines de pays européens seulement a mis en place l’Advenced Mobile Location (AML), pourtant directive européenne depuis 2009. Or, cette technologie permet de repérer un appel jusqu’à 4000 fois plus précisément que les méthodes précédentes.


Des précautions en amont

Comment faire, dans ces conditions, pour être repéré en cas d’accident ? Tout commence avant de partir en randonnée. “Pour balayer toute la sécurité, nous utilisons la méthode IPECA : information, préparation, équipement, comportement, adaptation”, explique Michaël Anthoine, conseiller technique à la Fédération Française de Randonnée pédestre. Des détails auxquels il faut être encore plus attentif en cas de randonnée en solo.

Avant le départ, il faut s’informer sur la région et sur l’itinéraire. En solitaire, la “règle absolue est de prévenir un tiers”. Il faut lui communiquer l’itinéraire détaillé - et lui faire part d’éventuels changements - ainsi que l’heure de départ et l’heure approximative d’arrivée. Le mieux est même de prévenir, en plus, les gardiens des refuges et les gérants des gîtes où un arrêt est prévu. “Ces précautions permettent non seulement de déclencher les secours plus rapidement, mais aussi de cerner le secteur”, précise le spécialiste.

Les randonneurs doivent également bien s’équiper, ce qui passe non seulement par des bonnes chaussures, mais aussi des vivres, à boire, une trousse de premier secours, une carte et une boussole. Comme le précise Michaël Anthoine, “il est nécessaire de choisir un itinéraire à sa portée et de prévoir des itinéraires bis en cas d’intempérie ou d’imprévu”. Bien sûr, il est préférable d’avoir prévenu un tiers de l’itinéraire de secours envisagé.

La technologie parfois limitée

En cas d’accident, il faut d’abord appeler le 112, qui renvoie vers le service de secours concerné, en fonction du lieu, de l’urgence et des conditions. Avoir bien préparé son itinéraire permettra de faciliter la localisation. Il existe des applications de géolocalisation gratuites, notamment geoloc18_112, mise au point par les pompiers du Morbihan et du Var.

“La géolocalisation de la victime [via un appel classique aux urgences], c’est là où il reste encore des failles et où la technologie doit s’améliorer”, décrit le conseiller technique. Sans oublier que le signal peut être “brouillé ou perturbé”. “Si la randonnée est bien préparée et que l’itinéraire est connu pars un tiers, le randonneur met plus de chances de son côté. Les secours mettront moins de temps à le trouver en cas d’accident”, conclut le conseiller de la FFRandonnée.

Tous les pays de l’UE ont l’obligation de déployer le système de géolocalisation des appels d’urgence AML en 2020.

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