Comment la Nouvelle-Zélande a "vaincu" le coronavirus

La Première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern.

Il n’y a plus aucun cas de Covid-19 en Nouvelle-Zélande, qui n’a pas enregistré de nouveau cas depuis 17 jours.

1154 cas positifs, 22 morts. Le bilan du coronavirus en Nouvelle-Zélande pourrait être définitif puisque le pays n’a plus aucun cas positif sur son sol. Au point de pouvoir lever l’ensemble des restrictions mises en place pour éradiquer la pandémie, à l’exception de la fermeture des frontières.

Même les supporters de rugby vont pouvoir retrouver le chemin des tribunes, dès ce samedi. En moins de trois mois, le pays semble avoir éradiqué le Covid-19, en appliquant des mesures strictes dès l’apparition des premiers cas.

Des mesures prises rapidement

Le 14 mars, alors que la Nouvelle-Zélande ne comptait que 6 cas de Covid-19, le pays a mis en place un isolement de deux semaines pour toute personne entrant sur le territoire national. Le 19 mars, malgré cette quarantaine à l’entrée sur le territoire, le pays enregistre 22 nouveaux cas positifs. Signe que le virus circule parmi la population. Le gouvernement décide alors de fermer les frontières.

Le 23 mars, malgré ces premières mesures, le virus se propage, la Nouvelle-Zélande enregistre 102 cas de nouveau coronavirus. Pour freiner la propagation de la maladie, Jacinda Ardern, Premier ministre du pays, impose le confinement pour les 5 millions de Néo-Zélandais à partir du 25 mars, et la fermeture des commerces non-essentiels. Un confinement strict de sept semaines qui semble avoir porté ses fruits.

De très nombreux tests

À ces mesures restrictives s’ajoute une politique de dépistage intensive. Au 1er juin, la Nouvelle-Zélande avait procédé à plus de 260 000 tests de dépistage. Lors des 17 derniers jours, durant lesquels aucun cas de Covid-19 n’a été détecté, 40 000 tests ont été réalisés pour traquer les malades.

A cette politique de dépistage des malades s’est ajouté un élément complémentaire : une application de traçage, visant à retrouver les contacts des personnes malades, comme Stop Covid. Elle a été téléchargée par plus de 380 000 personnes, soit plus de 7% de la population. Une stratégie saluée par les épidémiologistes Michael Baker et Nick Wilson, professeurs à l'université néo-zélandaise d'Otago : “la Nouvelle-Zélande apparaît comme le seul pays occidental à avoir adopté une stratégie d'éradication avec l'objectif de mettre entièrement fin à la transmission du Covid-19 à l'intérieur de ses frontières”, expliquaient-ils dans le Guardian, début avril.

Une communication basée sur l’empathie et l’humour

Autre méthode, plus contestable, mise en place par les autorités : un site Internet pour signaler aux forces de l’ordre les manquements au confinement.

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Pour faire accepter ces restrictions à la population, la Première ministre a misé sur l’empathie et l’humour : le 25 mars, elle fait un Facebook live, en sweat-shirt après avoir “couché sa fille de deux ans” pour rassurer ses concitoyens sur le confinement.

92% des Néo-Zélandais satisfaits de la gestion de crise

Le 6 avril dernier, en plein confinement et à l’occasion de Pâques, elle déclarait à ses concitoyens, en Facebook Live : “Vous serez heureux d'apprendre que nous considérons la petite souris et le lapin de Pâques comme des travailleurs essentiels, mais comme vous pouvez l'imaginer en ce moment, ils seront probablement très occupés à la maison, avec leur famille et leur propres lapins”.

Le 8 juin, en conférence de presse, elle confie avoir célébré la fin des cas de Covid-19 dans son pays en dansant avec sa fille de 2 ans. Une communication payante : 92% des Néo-Zélandais ont salué sa gestion de la crise.

Un avantage géographique

Une recette dont l’efficacité a été accentuée par des critères géographiques : la Nouvelle-Zélande, qui n’a pas de frontière terrestre, a pu plus facilement contrôler les entrées sur son territoire. Autre avantage, la faible densité de population, avec 18 habitants par kilomètre carré, contre 105 habitants par kilomètre carré en France.

Malgré ces signes très encourageants, la Première ministre a tenu à rester prudente, prévenant la population que de nouveaux cas pourraient être détectés dans les jours à venir. Pour éviter l’importation de nouveaux cas dans le pays, les frontières restent fermées.