Comment le confinement met à l'épreuve l'union nationale

Romain Herreros
Photo de l'hémicycle clairsemé jeudi 19 mars pour cause de coronavirus. 

POLITIQUE - “Si c’était une période ordinaire, les choses se passeraient d’une façon un peu plus tendue”. En faisant le point sur la journée parlementaire écoulée sur sa page Facebook dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 mars, Jean-Luc Mélenchon souligne que l’union nationale qui s’observe à l’Assemblée dans la lutte contre l’épidémie de covid-19 reste fragile.

“On fait tous des efforts, mais quand même…”, ajoute le leader de la France insoumise, qui regrette que l’aspect social des mesures d’urgence n’ait pas été discuté dans le cadre du projet de loi de finances rectificatives discuté jeudi au Palais Bourbon. Et ce n’est pas le seul point sur lequel l’esprit de concorde affiché est mis à mal. En commission jeudi matin, Alexis Corbière a demandé, en vain, de conditionner l’accès au plan d’urgence à une interdiction stricte de licencier. Amendement refusé par la majorité, mais qui a inspiré ce commentaire de la part d’un anonyme: “ils méprisent ceux qui ne sont rien”. Message approuvé par Alexis Corbière, puisqu’il l’a retweeté à ses 67.000 abonnés. Des signaux faibles qui montrent que la politique reprend peu à peu ses droits malgré cette inédite période de confinement.

“Union nationale ne signifie pas dire oui à tout”

Les insoumis, qui se sont élevés jeudi contre le confinement “à double-vitesse” du gouvernement, ne sont pas les seuls à exprimer des clivages au sein de l’union nationale. En séance, la présidente du groupe socialiste Valérie Rabault n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat, en interpellant le premier ministre sur la très délicate question de la pénurie de masques. Réponse d’Olivier Véran: “Jusqu’en 2013, il y a eu jusqu’à un milliard de stocks d’Etat. Et puis il a été décidé que ce milliard de stocks d’Etat n’était plus indispensable tant les capacités mondiales de masques étaient intenses, notamment en Asie”. Dit autrement, c’est à la précédente majorité socialiste qu’il faudra demander des comptes (même si c’est un peu plus compliqué)....

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