Vie sexuelle : comment les célibataires vivent le déconfinement ?

Johanna Amselem
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(Crédit photo : Getty Images)
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Après un isolement forcé de plusieurs semaines, une enquête Ifop a voulu savoir si les célibataires français s’étaient livrés à une “boulimie de sexe”. Résultats.

Pendant deux mois, la France a vécu confiné. Le 11 mai, le processus lent du déconfinement a débuté dans tout le pays. Réalisée par Pornhub, une enquête menée par l’Ifop s’est intéressée à l’effet de la levée des restrictions sanitaires liées au Covid-19 sur l’activité sexuelle des Français en général et les rencontres entre célibataires en particulier. Cette étude, menée par le pôle Genre, sexualités et santé sexuelle, a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 3 000 personnes. Les résultats permettent de mesurer l’ampleur du “déconfinement sexuel” dans le pays.

Malgré la levée de nombreuses restrictions, l’activité sexuelle des célibataires a repris timidement. En effet, “un tiers (33%) des célibataires déclarent avoir eu un rapport sexuel durant le mois ayant suivi le confinement, soit une proportion en nette hausse par rapport à la fréquence de leurs relations intimes durant le confinement (13%) mais qui reste en-deçà de celle observée avant le 17 mars (44%)”, note l’Ifop. Ainsi, 25% des célibataires ont eu un rapport sexuel avec une personne qu’ils connaissaient déjà. Seulement 5 à 6% du panel ont eu un rapport sexuel avec quelqu’un rencontré après le 11 mai.

Comment expliquer cette réduction des rencontres ? 57% des personnes interrogées reconnaissent une difficulté actuelle à aller vers de nouvelles personnes. “Dans un contexte marqué par des rapports entre les sexes plus tendus : la majorité des femmes de moins de 35 ans (51%) estiment que les hommes sont plus enclins qu’avant à importuner une femme dans les lieux publics”, rapporte l’Ifop. Si certains pensaient que le confinement pousserait les célibataires à “une boulimie sexuelle”, la réalité est finalement toute autre. “90% d’entre eux préférant chercher un seul partenaire pour établir une relation stable plutôt que multiplier les partenaires sexuels pour rattraper le temps perdu (10%)”, détaille le sondage.

Fuir le virus

L’épidémie de Covid-19 a également impacté le comportement des célibataires. En effet, 59% refusent d’avoir un rapport sexuel avec une personne exposée au virus. Ils sont également 58% à ne pas vouloir de relation avec une personne par crainte du virus. “La crainte d’être infecté par le virus a déjà empêché près d’une célibataire sur deux de fréquenter un lieu où elle aurait pu rencontrer des potentiels partenaires (43%) ou d’embrasser quelqu’un qui lui plaisait (45%)”, souligne le sondage.

Aujourd’hui, “la tendance semble plutôt être à la prudence et à un désir plus large de sécurité affective (monogamie) et sexuelle (safe sex)”, remarque François Kraus, directeur du pôle Genre, sexualités et santé sexuelle de l’Ifop. “Produit de l’isolement affectif vécu durant deux mois puis du maintien des règles de distanciation physique qui incitent à une sélection plus stricte de ses partenaires et à une sexualisation plus lente des relations, ce besoin de monogamie dénote à l’heure où la tendance semblait être plutôt à la banalisation de la culture du coup d’un soir (hookup culture), notamment durant une période estivale généralement plus propice aux rencontres occasionnelles”.

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