Comment Branco défend en même temps le respect de "l'intimité" et l'action de Pavlenski

 

 

POLITIQUE - Avant de s’engager dans la défense de Piotr Pavlenski, l’activiste russe qui a revendiqué la publication de messages privés et de vidéos intimes envoyés par Benjamin Griveaux, l’avocat Juan Branco défendait avec constance le “droit à la vie privée” et la “protection de l’intimité” pour tous lors de ses passages médiatiques. Des prises de position apparemment incompatibles avec la défense de Piotr Pavlenski dont il a dit avoir ”épousé” la cause. 

En tant que conseiller juridique de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, Juan Branco plaidait en effet en faveur du respect absolu de l’intimité des citoyens menacée par de nouvelles technologies inquisitrices, tout en exigeant une transparence quasi totale des états et des GAFA, ces multinationales du web. “Le politique moderne s’est constitué sur le fait que l’État a droit au secret et que les citoyens doivent être transparents par rapport à l’État” expliquait-il à Mouloud Achour, fin octobre 2016 sur Canal Plus. “Il faut renverser cette obligation de transparence pour les populations”, demandait-il encore fin 2019 sur le plateau de Frédéric Taddeï, animateur chez RT France, ex-Russia Today. 

C’est en opposant le respect absolu de l’intimité des citoyens à l’obligation de transparence presque totale des États que Juan Branco parvient à justifier les révélations revendiquées par Piotr Pavlenski en désignant Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement au moment des faits, comme le “principal pilier du régime actuel”, donc soumis selon son raisonnement à la nécessité de transparence. Le défenseur de Piotr Pavlenski estime que le discours de mari aimant porté par l’ex-candidat LREM à la mairie de Paris dans la presse people entrerait en contradiction avec la réalité. “Cela permet aux citoyens de juger [si] un politicien n’a pas menti, s’il n’est pas ce qu’il prétendait être, si les citoyens sont en train de se faire entuber”, a détaillé Juan Branco sur Vécu, média en ligne né dans le sillage des gilets jaunes. 

Pourtant le conseiller de Julian Assange se montrait moins catégorique il y a deux mois. “Faut-il une transparence absolue ou pas? Ma façon d’envisager les choses, c’est de ne jamais être dans l’absolu” répondait-il en décembre en posant certaines limites. Un état “complètement” transparent? “C’est pas notre but”, assurait-il alors sur RT France. “Je n’ai trahi l’intimité de personne. Je n’ai pas utilisé l’accès que quelqu’un m’aurait donné en confiance du fait de liens personnels pour les exposer” affirmait Juan Branco à Thinkerview en mars 2019, à propos de son livre “Crépuscule”. Et de brandir son ”éthique très basique” qui lui impose de “toujours respecter cette forme d’intimité”.

Réagissant aux “golden showers”, des allégations non vérifiées de sextape montrant Donald Trum avec ses prostituées, Juan Branco tweetait que “voir que l’intime et le sexuel restent, en nos espaces « civilisés », des armes de destruction politique, est désespérant”. Un dépit exprimé il y a trois ans à peine... 

Love HuffPost? Become a founding member of HuffPost Plus today.

This article originally appeared on HuffPost.