Commandes et livraisons d'armes françaises en forte baisse en 2020

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COMMANDES ET LIVRAISONS D'ARMES FRANÇAISES EN FORTE BAISSE EN 2020

PARIS (Reuters) - Les commandes et les livraisons d'armes françaises n'ont pas échappé à la pandémie de coronavirus en 2020, marquée par une baisse des 41% des exportations d'armement par rapport à 2019, selon le rapport annuel du ministère des Armées.

Alors que les gouvernements ont été contraints à revoir leurs priorités, la France n'a conclu l'année dernière aucun contrat de l'envergure des ventes de chasseurs de mines à la Belgique, de sous-marins à l'Australie ou de Rafale à l'Inde qui avaient dopé les bilans des années précédentes.

"En 2020, le montant des prises de commande s'est élevé à 4,9 milliards d'euros", indique le rapport présenté mardi au Parlement avant sa publication mercredi et dont Reuters a pu consulter une copie, contre 8,3 milliards d'euros en 2019. Les livraisons ont chuté encore plus fortement, à 4,3 milliards d'euros contre 9,9 milliards l'année précédente.

Ce résultat est cependant en trompe l'oeil en raison du contexte particulier de la pandémie qui a entraîné "la suspension des discussions commerciales et des décisions d'investissement associées", relève le ministère des Armées.

Aucun des trois récents contrats ou accords récemment conclus par la France pour vendre des Rafale à l'Egypte (30 avions pour 4 milliards d'euros), la Grèce et la Croatie ne figurent ainsi au bilan de l'année 2020, qui s'est achevée sans contrat supérieur à 500 millions d'euros.

Dans le détail, le ministère se félicite que l'Europe demeure pour la deuxième année consécutive la "principale destination des exportations françaises", conformément à une priorité exprimée par Florence Parly, même si sa part a chuté de 45% en 2019 à 25%, dont 15% pour les pays de l'Union européenne.

L'Europe ne devance que de peu le Proche et Moyen-Orient (24%), où en l'absence de grands contrats, l'Arabie saoudite, partenaire plus contesté en raison de son rôle dans le conflit au Yémen, est redevenue le premier client de la France au niveau mondial avec 703,9 millions d'euros de commandes.

A l'occasion de la publication du rapport, plusieurs ONG comme Amnesty International ont une nouvelle fois réclamé davantage de transparence à la France sur la question des exportations d'armement, soulignant que le Parlement joue un rôle de contrôle beaucoup plus limité que dans des pays comme l'Allemagne, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis.

Selon un sondage commandé par Amnesty International à Harris Interactive, 78% des personnes interrogées estiment que la France fait preuve d'un manque de transparence en la matière.

Le ministère des Armées met de son côté en avant un "processus de contrôle interministériel rigoureux" des exportations et rappelle que plusieurs dizaines de licences ont été refusées ou n'ont pas abouti l'année dernière.

(Tangi Salaün)

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