Commémorer les 200 ans de la mort de Napoléon, "avec recueillement, mais sans fanatisme" (Ferrand)

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Reprenant Alphonse de Lamartine, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a appelé mardi à "accueillir le souvenir de Napoléon +avec recueillement, mais sans fanatisme+", à la veille de la commémoration du bicentenaire de sa mort qui suscite la controverse.

"Sachons ne pas réduire les grandes dates et les grands hommes à de petits slogans", a demandé M. Ferrand dans une brève allocution avant les questions au gouvernement.

"Sachons nous pencher sur notre passé avec mesure et discernement", a-t-il complété.

M. Ferrand a toutefois reconnu que "le rétablissement de l’esclavage, à lui seul, entache gravement sa mémoire". Aboli en 1794 par la Convention, l'Empereur rétablit l'esclavage en 1802.

Le président de l'Assemblée dénonce également "l’homme du 18-Brumaire qui bouscula le Parlement" en signant la fin du régime politique du Directoire et celle de la Révolution française.

Mais Richard Ferrand salue quelques-unes des multiples créations de Napoléon Bonaparte, les lycées, la Cour des Comptes, le Conseil d’État, la Légion d’honneur, le Code civil etc.

"Nul ne règne innocemment, nul ne réforme un pays sans se faire des ennemis", a observé ce macroniste historique.

Dans le cadre des commémorations autour de la mort de l'empereur décédé le 5 mai 1821 en exil sur l'île de Sainte-Hélène, M. Ferrand fait exposer à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale les documents conservés au Palais-Bourbon, comme sa lettre d’abdication et le plan de son tombeau.

Mercredi, à la date anniversaire de la mort de celui qui n'a cessé de déchaîner les passions, Emmanuel Macron prononcera un discours à l'Institut de France à Paris, dans lequel il va "regarder en face" l'héritage laissé par l'empereur.

Deux cents ans après son décès, la figure du général révolutionnaire ou de l'empereur continue de susciter la controverse entre les députés.

La présidente du RN Marine Le Pen a estimé sur RTL qu'il était l'"un des très grands personnages historiques" et a regretté "que le président de la République le commémore à la va-vite".

"Ça a des significations de faire des commémorations officielles. Il y a quelque chose derrière, des valeurs que l'on veut mettre en avant. Je suis davantage favorable à ce qu'on fasse un travail d'histoire et d'historiens", a au contraire fait valoir le député communiste Pierre Dharréville.

"C'est bien de commémorer" mais il "ne faut pas chercher à cacher les ravages qu'ont fait (s)es guerres", ni occulter le rétablissement de l'esclavage, "une ombre au tableau", selon Olivier Becht (Agir).

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