Le combat d'une boulangère de l'Ain pour la régularisation de son apprenti d'origine guinéenne

Un combat qui rappelle celui d’un boulanger de Besançon pour régulariser son apprenti. Patricia Hyvernet, boulangère elle-aussi à La Chapelle-du-Châtelard dans l'Ain, a entamé il y a une semaine une grève de la faim. Une manière d’alerter sur la situation de Yaya, 20 ans, qui travaille dans sa boulangerie et qui est menacée d’expulsion. Le jeune homme est arrivé il y a quatre ans de Guinée-Conakry, avec quelques mots de français pour tout bagage. En France, il est allé à l'école, a suivi plusieurs formations s’est découvert une vocation : "J’imagine qu’un jour, j’aurais le droit d’être légalement dans cette boulangerie, de travailler et de devenir un bon boulanger". Un combat depuis 2018 Mais, en situation irrégulière, le jeune homme reçoit en 2018 l’ordre de quitter le territoire. Depuis, le couple d’artisans pour qui il travaille se bat pour lui obtenir des papiers, avec l’espoir d’en faire ensuite un salarié. "Il nous a expliqué et prouvé qu’il veut bien travailler avec nous la nuit, qu’il comprend le sens de notre travail. C’est avec lui que l’on veut continuer notre parcours", affirme Patricia Hyvernet. Mais arrivée au bout des démarches administratives, cette dernière a choisi il y a une semaine une voie radicale : ne plus se nourrir. "Aujourd’hui, parce que je ne sais plus quoi faire, j’ai entamé cette grève de la faim. Je ne lâcherai pas", prévient-elle. Il y a un mois, un apprenti guinéen lui-aussi, avait obtenu ses papiers après la grève de la faim de son maître d’apprentissage à Besançon (Doubs). En ce qui concerne Yaya, la préfecture de l’Ain a annoncé vouloir réexaminer le dossier le plus rapidement possible, en raison de la promesse d’embauche faite par ses patrons.