Colonisation et guerre d’Algérie: le rapport Stora écarte toute idée de repentance pour la France

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En France, la question de la mémoire de la colonisation puis de la guerre d’indépendance empoisonne depuis 60 ans les relations avec l’Algérie. C’est pour « regarder l’histoire en face » qu’Emmanuel Macron a commandé en juillet dernier un rapport à l’historien Benjamin Stora. Un rapport qui doit être remis cet après-midi au président français.

Dans son rapport, l’historien écarte toute idée de repentance et il prend pour exemple les excuses présentées par le Japon à la Corée et à la Chine pour en conclure que cette politique-là « ne calme rien ». Pas question donc de présenter des excuses : « La repentance est une vanité, la reconnaissance c’est la vérité », répète-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron, mais le président français l’a dit, il veut sortir du déni et des non-dit sur la colonisation et la guerre d’Algérie.

Benjamin Stora formule ainsi dans son rapport une petite trentaine de préconisations pour tenter de réconcilier les mémoires. Parmi elles, il y a la constitution d’une commission mémoire et vérité chargée d’impulser des initiatives communes entre les deux pays sur ces questions de mémoire, mais aussi la mise en place de journées de commémoration, le 19 mars par exemple, date anniversaire de la signature des accords d’Evian.

Le Panthéon pour Gisèle Halimi ?

Autre proposition : la reconnaissance par la France de l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel, militant de l'Union démocratique du Manifeste algérien, tué pendant la bataille d’Alger de 1957. Benjamin Stora appelle à la reprise des travaux du groupe de travail conjoint sur les archives, groupe installé en 2013. Il propose aussi de faire entrer au Panthéon Gisèle Halimi, avocate anticolonialiste, notamment célèbre pour avoir défendu des militants FLN durant la guerre d’Algérie.

Ce ne sont pour l’heure que des préconisations, mais à l’Élysée on assure ce matin que bon nombre d’entre elles seront retenues. En effet, Emmanuel Macron a fait de ces questions mémorielles avec l’Algérie un des sujets importants de son quinquennat. On se souvient de cette petite bombe lâchée à la télévision algérienne alors qu’il n’est encore que candidat à la présidence lorsqu’il a qualifié la colonisation française en Algérie de crime contre l’humanité.

Une fois élu, Emmanuel Macron va accomplir un premier acte fort : en reconnaissant que le militant communiste Maurice Audin a été assassiné en Algérie par des soldats français. Ce rapport commandé à Benjamin Stora est là une nouvelle étape. L’objectif d’Emmanuel Macron, c’est d’œuvrer à la réconciliation des peuples français et algérien. Le défi est extrêmement ambitieux sachant qu’en France comme Algérie certains continuent encore 60 ans après d’instrumentaliser cette mémoire à des fins politiques.