Colombie: la Cour constitutionnelle autorise le suicide assisté pour les malades

La Cour constitutionnelle a abrogé, jeudi 12 mai, l’article du Code pénal qui punissait d’une peine de 12 à 36 mois de prison toute personne fournissant une aide au suicide.

Dans le pays andin, l’euthanasie était déjà autorisée depuis 1997. Elle est, dans les faits, appliquée depuis 2015. La différence entre l’euthanasie et le suicide assisté est mince. Dans le premier cas, c’est un médecin qui administre la médication létale. Dans le deuxième, c’est le patient lui-même qui la prend, sous la supervision d’un médecin.

Les juges ont fixé des conditions au suicide assisté : le médecin ne peut aider qu'une personne « en souffrance intense ou gravement malade qui a librement décidé de disposer de sa propre vie ». Selon la Fondation colombienne pour le droit à la mort dans la dignité (DMD), la différence entre l'euthanasie et le suicide assisté « réside essentiellement dans la personne qui administre le médicament mortel ».

L’incitation au suicide reste un crime, la peine pouvant aller jusqu’à neuf ans de prison, rappelle notre correspondante à Bogota, Marie-Eve Detoeuf. Dans leur prise de décision en faveur du suicide assisté, les magistrats, qui ont approuvé le texte à six voix contre trois, invoquent le respect de l’autonomie personnelle et le droit à mourir dans la dignité.

« Le médecin est celui qui dispose des meilleurs outils techniques, scientifiques et éthiques permettant de garantir la sauvegarde de la dignité humaine dans cette procédure », estime la Cour. « Les avancées de la science doivent être utilisées de manière altruiste et solidaire envers ceux qui sont dans un état de santé extrême et qui désirent une mort digne », conclut-elle.

Cette décision, une première en Amérique latine, a évidemment fait des remous dans ce pays encore très catholique. Le mouvement « Pro-Vie », critique, entre autres, le fait que ce soit une poignée de magistrats et non le Congrès qui se prononce sur des sujets aussi sensibles que l’avortement, l’euthanasie ou le suicide. Il y a trois mois, c'est cette même Cour constitutionnelle – très respectée – qui avait dépénalisé l’avortement jusqu’à la 24e semaine de grossesse.

À lire aussi : La Colombie dépénalise l'avortement jusqu'à 24 semaines

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles