Colombie : 5 733 personnes tuées ou disparues lors d'attaques contre Union patriotique de 1984 à 2016

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La justice colombienne a établi que 4 616 personnes ont été tuées et 1 117 ont disparu lors d'attaques, menées notamment par des agents de l'État, contre le parti Union patriotique (UP, communiste) entre 1984 et 2007, selon un rapport publié le vendredi 22 avril 222.

« Sur les 5 733 victimes (membres de l'UP), 4 616 ont été victimes d'homicide » et les autres ont été « victimes de disparition forcée », indique dans ce document la Juridiction spéciale pour la paix (JEP), un tribunal spécial créé en 2016. « La violence contre les membres de l'UP a été principalement mise en œuvre par des agents de l'État et des paramilitaires de manière massive, généralisée et systématique », a accusé la JEP.

Jaime Pardo et Bernardo Jaramillo assassinés

L'UP, de sensibilité communiste, a émergé en tant que mouvement politique lors d'une tentative de processus de paix entre la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et le président de l'époque, Belisario Betancur (1982-86).

Parmi ses militants assassinés figuraient deux candidats aux élections présidentielles de 1986 et 1990, respectivement Jaime Pardo et Bernardo Jaramillo, ainsi que des parlementaires en exercice et de nombreux élus locaux.

Le parti est réapparu au début de la dernière décennie et fait maintenant partie du « Pacte historique », une coalition de gauche qui est en tête des sondages pour la prochaine élection présidentielle de mai, derrière le candidat Gustavo Petro.

La Cour interaméricaine des droits de l'Homme, la plus haute instance judiciaire du continent, s'était saisie de l'affaire en 2018, estimant que les enquêtes menées par la Colombie sur les attaques contre l'UP étaient « insuffisantes ». Elle n'a pas encore statué sur cette affaire.

Témoignages de 150 personnes

La JEP, qui propose des peines alternatives à la prison pour ceux qui avouent leurs crimes et des réparations aux victimes et à leur famille, a reçu les témoignages de 150 personnes liées aux attaques contre l'UP, la majorité (121) étant des membres des forces de sécurité et des services de renseignement de l'État. « Il y a eu une contribution systématique des agents de l'État » aux crimes, qui ont parfois été perpétrés par les forces de sécurité elles-mêmes et à d'autres moments par des « groupes paramilitaires » d'extrême-droite, selon la JEP.

Né de l'accord de paix de 2016 qui a permis le désarmement des FARC, ce tribunal juge les pires crimes de ce conflit qui a duré plus d'un demi-siècle et fait neuf millions de victimes, morts, disparus, kidnappés, mutilés et déplacés.

Selon l'accord de paix, ceux qui avouent leurs crimes et allouent des réparations à leurs victimes bénéficieront de peines alternatives à la prison.

En janvier 2021, de hauts commandants des FARC ont été inculpés pour l'enlèvement de 21 396 personnes entre 1990 et 2016. Les anciens guérilleros ont accepté leur responsabilité et attendent de connaître leur peine.

Des dizaines d'anciens militaires ont également été inculpés pour le meurtre de 6 400 civils exécutés par l'armée et présentés comme des guérilleros victimes des combats, scandale connu sous le nom des « faux positifs ».

(Avec AFP)

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