A Colombey, droite et gauche défendent la mémoire de de Gaulle contre l'extrême droite

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Plusieurs candidats à la présidentielle, à droite mais aussi à gauche, vont honorer le général de Gaulle mardi 9 novembre à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne) et défendre son héritage revendiqué aussi par l'extrême droite.

Le polémiste identitaire Eric Zemmour s'était rendu le 18 juin dans la maison natale de l'homme d'Etat à Lille, pour y saluer en miroir de sa potentielle candidature à l'Elysée "un écrivain" qui est "tout sauf un politicien professionnel", désireux de "sauver" la France.

Mais le putatif candidat, qui voit dans de Gaulle un "grand réconciliateur", ne viendra pas à Colombey alors que des rumeurs - démenties par son entourage - ont circulé sur une possible annonce de candidature sur place, pour le 51e anniversaire de la mort du général.

Ses contempteurs critiquent sa propension à faire mentir l'histoire quand il affirme que le maréchal Pétain a sauvé des juifs français, ou que la guerre civile, disait-il en 2018, "c'est des communistes qui l'ont commencée en exécutant des Français qui étaient des collaborateurs".

Si Colombey est un lieu de pèlerinage traditionnel pour la droite, deux personnalités de gauche en ont cette année fait un symbole dans la lutte contre l'"appropriation" de l'histoire par Eric Zemmour.

La candidate socialiste Anne Hidalgo sera présente mardi. Certes, elle assiste aux cérémonies tous les ans en tant que maire de Paris, rappelle son entourage à l'AFP. Mais c'est aussi, cette année, une manière de lutter "en creux contre Zemmour, remettre l'histoire à sa place et le rôle que les étrangers y ont joué". Le 10, elle déposera trois gerbes en hommage aux combattants chrétiens, musulmans et israélites à la Nécropole de Douaumont.

"Personne ne va dans la rue pour manifester (alors qu'Eric Zemmour) vous explique que le général de Gaulle et Pétain, c'est la même chose", s'était indignée dimanche Anne Hidalgo, qui a entamé vendredi sa "séquence mémorielle" à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), lieu d'un massacre perpétré par les nazis en 1944.

L'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, aussi candidat, a lancé dimanche, dans l'hypothèse d'une venue d'Eric Zemmour, "un appel à tous ceux, des communistes aux gaullistes, qui ont en héritage la France libre et le Conseil National de la Résistance, à aller à Colombey-les-Deux-Eglises pour former un mur du silence et faire taire monsieur Zemmour".

- Le Pen à Bayeux -

A droite, héritière de la pensée gaulliste, le rendez-vous à Colombey est incontournable à quelques mois de la présidentielle, alors qu'Eric Zemmour séduit d'après les sondages les électeurs de son aile dure.

Le président des Républicains Christian Jacob et les cinq candidats à l'investiture de son parti pour ce scrutin, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Eric Ciotti, Philippe Juvin et Valérie Pécresse, seront tous là.

Eric Zemmour "n'est pas de Gaulle, c'est à peine sa rature", a fustigé le maire ex-LR de Nice Christian Estrosi, qui souhaite que la droite "combatte de toutes ses forces" le polémiste.

"Lorsque j'entends Eric Zemmour se réclamer (de de Gaulle) et affirmer qu'il reconstruit le RPR, je ne ris plus. C'est l'indignation qui me submerge", a-t-il écrit.

Côté majorité, le Premier ministre Jean Castex, rendra un hommage officiel mardi devant la tombe de Charles de Gaulle à Colombey.

Ancien membre de LR, M. Castex a toujours revendiqué une filiation. "Je suis un gaulliste social", avait-il lancé au soir de sa nomination à Matignon, en juillet 2020.

Le centriste François Bayrou, allié d'Emmanuel Macron, a dénoncé de son côté avec émotion vendredi un Zemmour "qui justifie le pire".

Marine Le Pen, candidate d'un parti, le Rassemblement national, qui a pourtant longtemps combattu de Gaulle, prononcera un discours sur les institutions à Bayeux (Calvados), où de Gaulle s'était lui-même exprimé en juin 1944 quelques jours après le débarquement en Normandie, avant d'y faire en 1946 un discours majeur sur les institutions.

La responsable d'extrême droite salue chez de Gaulle un des "grands serviteurs" de la France et juge "urgent" de s'en "inspirer". Elle avait tenté de célébrer en 2020 le 80e anniversaire de l'appel du 18 juin sur l'Île de Sein mais son déplacement avait suscité l'hostilité des habitants et tourné court.

"A la veille de la présidentielle, tout le monde vient (à Colombey). L’année d’après, je suis tout seul", a ironisé le candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan qui vient chaque année, ainsi que l'ancien bras droit de Marine Le Pen et président des Patriotes, Florian Philippot.

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