La collection d'œuvres en coquillages de l'artiste breton Sam Le Rol sauvée du naufrage

Des châteaux de contes de fées, des scènes du Far West ou de l'Inde des maharadjahs... Les oeuvres de Sam Le Rol puisent leur inspiration dans les rêves de l'enfance. Un univers onirique uniquement composé de coquillages. Des dizaines de milliers de fragments, taillés et assemblés, pour constituer un véritable trésor qui aurait pu disparaître sans la détermination d'un couple de collectionneurs, passionné d'art singulier.Il y a un peu du Facteur Cheval dans l'histoire de Sam Le Rol. Dans les années 60, cet ébéniste constructeur, artiste autodidacte passionné par sa région, la Bretagne, décide de créer son musée du coquillage. Pendant huit ans près de Plouharnel dans le Morbihan, il va construire avec son fils Alain la réplique d'un galion du 17e siècle qui abritera ses sculptures de coquillages. Summum du kitsch pour les uns, oeuvres d'art à part entière pour les autres, le travail de Sam Le Rol ne laisse pas indifférent. Ses palais des mille et une nuits, ses tableaux sous-marins et même son village des Schtroumpfs, composés de milliers de praires, bulots et autres couteaux, sont une invitation au voyage et au rêve. Une expo dans une abbaye avant un retour en Bretagne ? En 2005, faute de repreneur, le musée du coquillage fait naufrage. Le galion est détruit à coups de pelleteuse et la collection sombre dans l'oubli. C'est un peu par hasard qu'en 2018, Jean-Claude Volot et sa femme, grands amateurs d'art singulier, tombent sur une vente des oeuvres de Sam Le Rol : "On a tout de suite vu l'intérêt artistique que ça avait. Il y avait en plus le côté sauvetage, ce côté militant que l'on a pour ces formes d'expression. C'était un challenge". L'ancien grand patron et vice-président du Medef décide alors d'acquérir la totalité des pièces pour les exposer dans le Centre d'art contemporain qu'il a créé dans son abbaye d'Auberive, en Haute-Marne. Loin du galion imaginé par Sam Le Rol, l'abbaye presque millénaire est un écrin superbe pour ces oeuvres singulières. Mais il ne s'agit que d'une escale. Pour le futur, Jean-Claude Volot imagine un port d'attache en Bretagne, patrie de Le Rol : "On est contents d'avoir sauvé ça, mais ça doit repartir en Bretagne par ce que c'est la Bretagne le pays des coquillages." Le collectionneur est prêt à céder ses oeuvres à toute municipalité désireuse de créer un musée du coquillage. Avis aux amateurs...