Coignard – L’ENA, victime expiatoire

Par Sophie Coignard
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Emmanuel Macron le 12 janvier.
Emmanuel Macron le 12 janvier.

« Un énarque, c'est un gars que tu lui donnes le Sahara à gérer, au bout de quelques mois, il faut qu'il achète du sable ! » disait déjà Coluche il y a 45 ans. C'est en effet, dans l'esprit public, l'incarnation d'une froide technocratie éloignée du réel. Il est donc plus facile de prétendre supprimer l'ENA, à la fois conspuée et enviée, que de réformer l'État.

Est-ce pour cette raison qu'Emmanuel Macron a abandonné l'un de ses grands engagements de campagne, la réforme de l'État, pour annoncer, à plusieurs reprises, et encore ce jeudi devant 600 fonctionnaires réunis en visioconférence, la suppression de la grande école dont il est issu ? C'est a priori une bonne affaire, une action sacrificielle qui a tout pour être populaire.

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Tout commence le 25 avril 2019. Le président de la République rend compte, lors d'une conférence de presse, des conclusions du grand débat qu'il a lancé comme issue à la crise des Gilets jaunes. Il crée la surprise quand il annonce son intention de supprimer l'ENA. Carrément. « Je ne crois pas sur ce sujet au rafistolage », dit-il.

Rafistolage ou révolution ?

Une mission est confiée à? un énarque, membre du Conseil d'État, Frédéric Thiriez. Il est piquant de remarquer que ce sont en général d'anciens élèves de l'école sortis dans « la botte » qui sont sollicités pour tout changer. Nicolas Sarkozy avait fait appel à son ancien secrétaire d'État aux Aff [...] Lire la suite