Coignard - Écotaxe : un désastre politique « et de droite et de gauche »

Par Sophie Coignard
Malgré le tarif exceptionnel octroyé dès le début à la Bretagne, les Bonnets rouges auront la peau de l'écotaxe, abandonnée définitivement par Ségolène Royal en 2014

L'État dépense 339 millions d'euros pour solder le fiasco de l'écotaxe, un scénario catastrophe, coproduit par la droite et la gauche, unique en Europe.

L'écotaxe, c'est fini, mais c'est très cher. Lundi 4 décembre au soir, les députés ont voté un amendement du gouvernement pour solder la dette de la société Écomouv', qui devait collecter l'impôt sur la circulation des poids lourds qui n'a jamais vu le jour. Et ce n'est qu'une petite partie de ce que ce renoncement a coûté aux finances publiques. Dans son rapport public 2017, la Cour des comptes a procédé à une évaluation : 10 milliards d'euros de recettes dont l'État se prive pour la période 2014-2024, auxquels s'ajoute une addition d'un milliard supplémentaire lié aux indemnisations et autres ardoises dues à la société Écomouv' et à ses partenaires. Beaucoup d'argent pour rien !

Décidée en 2008 dans le cadre du Grenelle de l'environnement, l'écotaxe doit voir le jour en 2013. Pour ce faire, un partenariat public-privé (PPP) est conclu avec le consortium Écomouv'. Négocié à la hâte, il repose sur un dispositif juridique fragile, de l'avis de la Cour des comptes qui déplore une absence de « vision stratégique ». Et la loi votée en 2009 prévoit, d'emblée, une exception pour la Bretagne, qui obtient une ristourne de 25 %, augmentée à 40 % en 2011. Voilà pour la droite.

La gauche, ensuite, multiplie les reculades. En 2013, les portiques installés commencent à être vandalisés dans Grand Ouest. La Bretagne obtient un rabais supplémentaire de 10 %. Cette concession ne fait pas baisser la pression, bien au contraire. Si bien que, fin octobre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault annonce la « suspension de la mise en œuvre de l'écotaxe ». Puis le gouvernement de Manuel Valls tente, en juin 2014, de réduire la contestation par une nouvelle reculade : le péage concernera 4 000 kilomètres de routes, (...)

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