La coalition «L'Appel du Soudan» se réunit pour la première fois à Khartoum

La coalition de partis politiques et de mouvements armés baptisée « L'Appel du Soudan », fondée en exil sous l'ancien régime d'Omar el-Béchir, s'est réunie pour la première fois dans la capitale soudanaise dimanche, isolant davantage la coalition civile partageant le pouvoir avec les militaires pendant la période de transition.

« L'Appel du Soudan » avait été fondé en Ethiopie en 2014 comme une alternative au régime d'Omar el-Béchir. Des partis politiques de tous bords, des mouvements rebelles importants juraient d'organiser sa chute et d'être prêts à gouverner à sa place.

Six ans plus tard, le régime Béchir est tombé et, pour la première fois, les dirigeants de cette coalition se sont réunis à Khartoum, en présence de quelques figures importantes de la vie politique soudanaise.

Le chef rebelle Minni Minawi, à l'initiative de cette réunion, mais aussi l'ancien Premier ministre Sadiq Al-Mahdi du parti Oumma, et la direction du Front révolutionnaire soudanais étaient là : des protagonistes qui, depuis plusieurs semaines, ont tous publiquement pris leurs distances avec les Forces pour la liberté et le changement, l'autre coalition civile qui partage le pouvoir avec les militaires depuis l'été dernier, et dont ils sont pourtant membres.

Cette réunion survient au moment où les négociations entre gouvernement et forces rebelles du Darfour, du Kordofan et du Nil Bleu, arrivent bientôt à leur terme. Un accord serait en passe d'être trouvé d'ici le 9 mai pour leur faire une place dans les cercles du pouvoir à Khartoum.

Pour un bon connaisseur du pays, il s'agit pour les membres de « L'Appel du Soudan » d'affirmer leur importance dans la vie politique, face à un gouvernement contraint au compromis et un accord de paix qui risque de les marginaliser.